François Hollande est revenu, mardi 15 septembre au soir, sur plusieurs épisodes qui ont plombé son quinquennat. Sur BFMTV, entre exercice d'inventaire et mea culpa, l'ancien président de la République - qui envisage d'être candidat en 2027 - a notamment regretté d'avoir mis fin à la défiscalisation des heures supplémentaires.
Ce n'est pas un secret : le mandat présidentiel de François Hollande (2012-2017) a été traversé par des épisodes tumultueux. Invité de BFMTV hier, mardi soir, l'ex-chef de l'État est revenu sur plusieurs d'entre eux, affichant ses regrets quant à plusieurs choix effectués lors de son passage à l'Élysée.
Une affaire au fort retentissement médiatique avait notamment empoisonné son début de mandat, l'affaire Leonarda, du nom de cette adolescente interpellée dans un contexte scolaire, et expulsée vers le Kosovo avec sa famille. Alors que l'affaire faisait polémique, François Hollande était alors personnellement intervenu, annonçant autoriser la jeune fille à poursuivre ses études en France, sans sa famille. Son intervention, jugée maladroite, n'avait fait qu'amplifier la controverse. D'autant que Leonarda lui avait répondu dans la foulée, déclinant sa proposition, via une chaîne d'information en continu. "Ce n'était pas au président de la République d'intervenir. C'était au Premier minisre, au ministre de l'Intérieur", a estimé hier soir le député de Corrèze.
François Hollande, qui envisage de se présenter à l'élection présidentielle de 2027, a également expliqué qu'il regrettait d'avoir décidé de retaxer les heures supplémentaires. "Il y a[vait] eu une détaxation, on pouvait la critiquer, je l'ai critiquée. Mais retaxer les heures supplémentaires, pour ceux qui travaillent, n'a pas été une bonne décision au moment où elle a été prise", a-t-il déclaré, reconnaissant une "erreur".
La suppression de ce dispositif, mis en place durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, était l'une des promesses de campagne de François Hollande, qui mettait en avant son coût important pour les finances publiques et son effet jugé néfaste sur l'emploi.
Enfin, François Hollande est revenu sur l'un des échecs les plus retentissants de son mandat présidentiel : la déchéance de nationalité. Le président de la République avait défendu cette possibilité, dans le sillage des attentats du 13-Novembre à Paris. Pensée pour cimenter la Nation, la mesure - qui prévoyait d’inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux -, avait profondément fracturé la gauche et achevé de déliter la majorité socialiste à l'Assemblée nationale.
Après avoir tenté d'infléchir la mesure initialement envisagée, le gouvernement avait été obligé d'abandonner le projet, faute de compromis trouvé entre les deux Chambres du Parlement. "Quand on voit qu'il y a une incompréhension, quand on voit qu'il y a des Français qui sont blessés parce que l'on fait une distinction entre eux, il faut être capable de retirer. C'est ce que j'ai fait", a-t-il considéré.