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La colère des députés face aux réponses laconiques du groupe Bigard

Dialogue de sourds à l’Assemblée : auditionné jeudi par la commission des affaires économiques, le fils du fondateur du géant de la viande s’est montré peu loquace, au point d’agacer les députés de tous bords qui ont dénoncé un "mépris pour le débat public". Vidéo.

Cela n'aurait dû être qu'une simple formalité. Toute la matinée, jeudi, les membres de la commission des affaires économiques de l'Assemblée ont auditionné des acteurs du secteur agroalimentaire afin de préparer les États généraux de l'alimentation. Parmi les invités, Jean-Paul Bigard, le fondateur du groupe leader de la viande de bœuf en Europe. Mais le patron s'est décommandé à la dernière minute, envoyant son fils le représenter.

Visiblement peu préparé à l'exercice, Maxence Bigard a pris en tout et pour tout moins de dix minutes pour répondre aux nombreuses questions des députés. À commencer par celle, vigoureuse, de François Ruffin (LFI), qui l'interrogeait sur un rapport énumérant les nombreux problèmes de santé au travail des salariés d'une usine de la Somme, une usine fermée depuis.

Maxence Bigard s'est contenté de répondre :

Ce rapport, j'en prends acte. Je prends acte de vos questions également.Maxence Bigard, représentant du groupe Bigard

Le député LFI n'en revient pas : "On est dans Le Parrain ou dans une commission d'audition à l'Assemblée nationale ?", lance-t-il. Il est vite rejoint par ses collègues de tous bords : Ricard Ramos (MoDem), qui cherche à savoir pourquoi les comptes du groupe Bigard ne sont pas publiés, et Fabien Di Filippo (LR) qui aimerait en savoir plus sur les marges de l'entreprise...

Mais l'intéressé se montre toujours aussi peu prolixe, ce qui pousse Dominique Potier (NG) à ce commentaire désabusé : "J'ai cinq ans de retour [en commission], c'est la première fois que je vois cette attitude..."

À l'issue de cette audition, le président de la commission des affaires économiques est également resté sur sa faim : "On aurait aimé que vos réponses soient plus loquaces..."