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Activisme numérique de l'extrême droite : "la fabrique de l'opinion de demain passera par les réseaux sociaux", alerte Tristan Mendès France

Finance numérique participative, nouvelles applications à succès, schisme générationnel, les députés de la commission d'enquête contre les groupuscules d'extrême droite ont auditionné, jeudi, le maître de conférences spécialisé dans les cultures numériques Tristan Mendès France.

Comment s'assurer que demain les jeunes générations, biberonnés à la culture numérique dès leurs plus jeune âge, sachent encore prendre de la distance vis-à-vis des propagandes de groupuscules d'extrême droite en France ? L'enseignant au Celsa et à l'université Paris-Diderot Tristan Mendès France est venu alerter sur les évolutions en cours de la culture numérique et notamment des dernières applications comme TikTok, application phare des 11-14 ans venue de Chine et dont le principe de base est de se filmer en play-back sur de la musique pop, hip-hop, etc. Déjà, de nouveaux acteurs cherchent à influer sur cette application qui revendique 600 millions d'utilisateurs chaque mois dans le monde.

"C'est très marginal mais significatif. L'extrême droite américaine regarde avec beaucoup d'intérêt cette nouvelle plateforme. Un ponte de l'extrême droite américaine et deux ou trois autres ont ouvert des comptes sur TikTok", explique Tristan Mendès France. Il juge préoccupante la difficulté pour les parents d'avoir un regard sur les contenus visionnés par leurs enfants qui consomment seuls ces nouvelles applications. Un schisme culturel et générationnel, source potentielle de dérives, selon lui. "Cet écosystème là est la porte d'entrée des jeunes de demain. La fabrique de l'opinion passera par ces plateformes."

La finance participative au secours de l'extrême droite ?

Le financement participatif recèle de nombreuses opportunités pour les initiatives de groupuscules d'extrême droite. C'est par la plateforme WeSearchr que le bateau C-Star et ses militants anti-migrants a, en août 2017, pu financer ses actions en mer Méditerranée. Des fonds qui ont été levés à l'international et auraient été financés pour partie par l'extrême droite américaine. "Ils ont levé 200 000 dollars à travers cette plateforme (...) on passe d'un militantisme de clavier, de bruit, à un changement d'échelle de groupes qui peuvent ne pas être constitués de façon traditionnelle", met en garde Tristan Mendès France. Un contrôle très difficile à exercer pour les autorités administratives et judiciaires.