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Coronavirus

[À Revoir] Édouard Philippe juge "probable" un déconfinement en plusieurs temps

Sortie de crise, situation à l'hôpital, commandes de masques, règles funéraires, retour à l'école... Le Premier ministre, Édouard Philippe, et son ministre de la Santé, Olivier Véran, ont répondu aux questions des députés à l'occasion de la première audition de la mission d'information sur le coronavirus.
9 min

L'audition en intégralité


Les moments clés de l'audition

"Nous ne savons pas tout"

Gouverner en période de crise exceptionnelle est une science inexacte, voilà comment résumer le propos liminaire d'Édouard Philippe. Pour parer aux critiques, le Premier ministre souhaite montrer que les décisions, mêmes les plus importantes, se prennent parfois avec une certaine dose d'incertitude.

Dans le même registre, il indique aux 31 députés qui l'interrogent par visioconférence que la France, comme "les autres pays", vit une situation "unique et sans précédent". "Aucun système de santé au monde n'a été construit, pensé, dimensionné pour faire face à ce que nous vivons", explique-t-il.

Quelle stratégie pour le déconfinement ?

Tant que les services de réanimation du pays seront saturés de malades, il est hors de question pour le chef du gouvernement d'enclencher la fin du confinement du pays. Mais Matignon réfléchit à une sortie de crise, et même à plusieurs. Différents scénarios sont en train d'être "expertisés" par "plusieurs équipes".

Il évoque un déconfinement qui pourrait être soit "régionalisé", soit "sujet à une politique de tests" ou même être étalé en fonction des "classes d'âge". Si aucune hypothèse ne semble pour l'instant privilégiée, le déconfinement devrait se faire en plusieurs temps :

La décision, qui relève d'une "stratégie nationale", devra être "présentée et discutée", promet-il.

Nous espérons pouvoir présenter des éléments de cette stratégie dans les jours ou les semaines qui viennent de façon à donner une perspective à nos concitoyens.Edouard Philippe, le 1er avril 2020

Aujourd'hui, les régions du Grand Est et de l'Île-de-France sont toujours les plus touchées, et de plus en plus :

Intensification des mesures d'aides à l'économie

Alors que toutes les estimations concordent pour dire que la France connaîtra une récession économique en 2020, Édouard Philippe reconnaît que la possibilité d'une crise économique n'est pas à écarter :

Il souligne que le dispositif mis en place pour protéger les salariés est "le plus généreux d'Europe" :

Et il confirme un nouveau geste pour les chefs d'entreprise avec la baisse du seuil pour être éligible au fonds d'aide. Au lieu de 70%, les aides pourront être versées dès 50% de baisse du chiffre d'affaires, en mars comme en avril.

Il estime également que les assureurs, qui ont abondé ce fonds à hauteur de 200 millions d'euros, devraient être à nouveau sollicités face à une crise épidémique qui dure.

Pas de "tracking" de la population

Utilisé dans certains pays démocratiques comme la Corée du Sud, le pistage des citoyens malades par géolocalisation est exclu par le gouvernement. Le "tracking" est en effet illégal en France :

L'hôpital toujours sous tension

Le monde hospitalier devra encore tenir bon. La France n'a en effet pas encore atteint le pic de la vague épidémique, avec une hausse encore forte du nombre de patients admis en réanimation ce mercredi :

Le ministre des Solidarités et de la Santé indique également que la France a doublé ses capacités de réanimation, en passant à 10 000 lits pour, à l'heure actuelle, 5 500 malades du coronavirus pris en charge dans ses services.

Face aux pénuries récurrentes et malgré les réquisitions, Olivier Véran mise sur les nombreuses commandes passées par la France pour répondre à terme à la demande de masques.

Elle est estimée, pour les seuls personnels soignants, à 40 millions par semaine :

Faut-il craindre une pénurie de médicaments ?

Alors que la pression s'accroît sur certains médicaments, le Premier ministre tente de rassurer sur les stocks français :

Face à la proposition de Jean-Luc Mélenchon (LFI) de nationaliser l'entreprise de bouteilles d'oxygène Luxfer - qui cherche un repreneur -, Édouard Philippe préfère temporiser :

École : l'hypothèse du 4 mai, le bac perturbé

Le Premier ministre a confirmé que le ministère de l'Éducation national travaillait sur le scénario d'un retour à l'école le 4 mai, ce qui n'est qu'une hypothèse qui dépendra de la stratégie retenue sur le déconfinement.

Les épreuves du bac devront elles être remaniées quoi qu'il en soit :

Le calendrier des vacances scolaires devrait en revanche bien être maintenu, alors que "les professeurs travaillent en ce moment".

Des règles durcies sur les obsèques

"Des règles dures mais nécessaires" : le Premier ministre rappelle le cadre qui prévaut lors des enterrements, à savoir pas plus de vingt personnes présentes.

Il rappelle aussi que des décisions sanitaires ont été prises vis-à-vis des corps des défunts, quitte à heurter certaines pratiques religieuses :

Lire aussi : Le mode d'emploi de la mission d'information sur le coronavirus