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Deuil d'enfant

Deuil parental : le gouvernement veut faire de la France "un exemple en Europe"

Deux semaines après la vive polémique sur le rejet par la majorité de l'extension du congé en cas de décès d'un enfant, le gouvernement a repris le dossier en main. Les nouvelles mesures mises sur la table pourraient "inspirer d'autres pays", estime le secrétaire d'État Adrien Taquet.
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Il y a des paradoxes qui se savourent. Guy Bricout en fait en ce moment l'expérience : "J'ai fait une proposition basique et, aujourd'hui, je suis très heureux de voir que le gouvernement a donné l'assurance qu'on allait l'élargir !", se réjouit-il à l'issue d'une concertation jeudi entre le monde associatif de l'enfance, le gouvernement et des parlementaires.

Le député du groupe UDI, Agir et Indépendants sait qu'il a désormais le très rare privilège d'être l'auteur d'une proposition de loi vidée de sa substance par la majorité... qui va, finalement, changer d'échelle et d'ambition.

La ministre Muriel Pénicaud (Travail) et le secrétaire d'État Adrien Taquet (Enfance) sont à la manœuvre depuis maintenant dix jours pour effacer les traces d'une controverse alimentée par Emmanuel Macron lui-même. Deux jours après le refus d'étendre le congé pour deuil d'enfant, le chef de l'État a demandé à ses troupes de faire "preuve d'humanité" sur ce sujet alors même que la majorité présidentielle avait scrupuleusement suivi l'avis défavorable de Muriel Pénicaud dans l'Hémicycle.

L'exécutif et les marcheurs multiplient désormais les gages auprès des associations : un droit au répit de trois semaines devrait être ouvert à tous les parents victimes de la perte d'un enfant, mais on parle aussi d'"une aide financière aux obsèques", de "simplification administrative", d'un "accompagnement psychologique" et d'"une sensibilisation sociétale au deuil".

Ce qui fait dire à Adrien Taquet que la France peut désormais "faire exemple en Europe" face à ce drame.

"Agrandir le champ du possible"

Le gouvernement a même dépassé les espérances des associations : "Il a repris nos propositions et ils en ont même amélioré certaines", se félicite Julia Baba, représentante de la fédération Grandir sans cancer.

Cette maman de quatre enfants, qui a perdu une de ses fille en 2015 d'une maladie rare, tire la morale de ce feuilleton mouvementé :

Le vote 'non', finalement, heureusement, nous a permis d'agrandir le champ du possible et de mesurer les difficultés que rencontrent les familles.Julia Baba, fédération Grandir sans cancer

La proposition de loi est désormais entre les mains de la sénatrice Élisabeth Doineau (UDI), qui fait partie de la même famille politique que Guy Bricout. Celui-ci espère désormais écrire la fin de l'histoire au plus vite, "avant la fin mars", par l'adoption définitive de son texte au Parlement.