Les députés Jean-Philippe Tanguy et Thomas Ménagé ont dévoilé, ce mardi 30 juin, les contours du "plan climatisation" pensé par le Rassemblement national pour faire face aux pics de chaleur. Planifié sur deux quinquennats, ce plan repose sur des prêts à taux zéro, sans conditions de ressources pour les particuliers, et sur l'installation de climatiseurs dans les services publics.
La semaine dernière, alors que la France étouffait sous une canicule historique, le Rassemblement national a relancé son idée d'un grand plan de développement de la climatisation, annoncé pour la première fois en juin 2025 par Marine Le Pen sur X, mais jamais vraiment présenté, ni chiffré, dans le détail. Ce mardi, les députés RN Jean-Philippe Tanguy et Thomas Ménagé ont dévoilé, lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale, le dispositif pensé pour s'adapter face aux fortes chaleurs. Ce "plan climatisation" s'inscrira dans une proposition de résolution parlementaire, mais il est bien évidemment aussi pensé pour peser dans le débat en vue de l'élection présidentielle de 2027.
On n'est pas condamné en France à suer à grosses gouttes continuellement. Thomas Ménagé, député RN
Imaginé pour être mis en œuvre sur deux quinquennats, le plan climatisation se décline en plusieurs volets, l'un pour les bâtiments publics, l'autre pour les particuliers. Concernant ces derniers, pas question de prévoir des subventions, ni de réserver ces mesures à des conditions de ressources. "L'objectif, c'est que ce plan soit largement déployé, fonctionne", a expliqué Jean-Philippe Tanguy, fustigeant "la technocratie et la bureaucratie qui ne sert à rien", en visant implicitement MaPrimeRénov', dispositif mis en place lors du premier quinquennat d'Emmanuel Macron, et qui "permet de détourner de l'argent".
C'est justement ce dispositif que le Rassemblement national se fait fort de remplacer, par un mécanisme "100% Rénov" dans lequel s'inscrit le "plan clim'". Le premier volet de ce plan serait consacré aux bâtiments publics. Il prévoit un investissement de 10 milliards d'euros sur cinq ans ans pour installer en priorité la climatisation vers les services qui accueillent les plus vulnérables (crèches, écoles, hôpitaux, Ehpad...). Puis, sur une nouvelle période de cinq ans, un deuxième investissement de 10 milliards d'euros permettrait d'étendre la climatisation aux autres bâtiments publics.
Le second volet du "plan clim'" serait, quant à lui, consacré aux particuliers, le Rassemblement national déplorant le retard accumulé par la France en matière de climatisation des logements. "À un moment, la climatisation est l'unique solution. Les adaptations passives ne suffisent pas", a soutenu Thomas Ménagé. Deux voies ont été imaginées par le RN, toutes deux impliquant des prêts à taux zéro. Le chemin privilégié repose sur l'installation de pompes à chaleur réversibles, installées durant la rénovation thermique du logement dans le cadre du mécanisme 100 % Rénov.
Néanmoins, pour les personnes ayant déjà procédé à une rénovation de leur logement, ou qui font face à des contraintes techniques, le RN a imaginé un scénario complémentaire : un prêt à taux zéro destiné à financer un équipement permettant de rafraîchir une ou plusieurs pièces, avec un remboursement maximal de 20 euros par mois pendant 10 ans. Charge à l'État d'assumer les intérêts de cette politique, chiffrés autour de 600 millions d'euros par an. "Un Français qui travaille à l'extérieur doit au moins pouvoir rentrer chez lui et passer une bonne nuit", a insisté Thomas Ménagé.
Quid du financement de ces mesures, alors que la situation des finances publiques reste particulièrement inquiétante ? Les députés du groupe présidé par Marine Le Pen font valoir plusieurs leviers. Thomas Ménagé a d'abord défendu l'idée qu'il s'agissait d'un investissement de compensation, expliquant que "la chaleur pèse aussi sur l'économie et les recettes fiscales". "C'est à court terme très néfaste. Ce n'est pas un investissement à fonds perdu, mais qui va rapporter à l'État à long terme", a-t-il donc considéré.
Cela ne pouvant bien sûr pas suffire, Jean-Philippe Tanguy a par ailleurs indiqué que "l'aspect le plus spontané est évidemment de lever les encours de prêts sur les marchés". Tout en estimant qu'au début de la réalisation de ces plans, "l'État gagne de l'argent", du fait de la TVA et des retours économiques. En outre, compte tenu des "milliers de milliards que va coûter la transition et la relocalisation des activités dans toute l'Europe, on considère qu'ouvrir le débat sur l'utilisation de la politique monétaire dans le cadre de ces grandes transitions semble opportun", a-t-il souligné, en référence au pilotage de la Banque centrale européenne. Une perspective à laquelle Bruxelles et Francfort sont pour le moment fermement opposés.