Présidentielle: la moitié des députés communistes choisit Jean-Luc Mélenchon plutôt que Fabien Roussel

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Stéphane Peu à l'Assemblée nationale, le 26 février 2026
Stéphane Peu à l'Assemblée nationale, le 26 février 2026 (© LCP)
par Maxence Kagni, le Jeudi 5 novembre 2026 à 15:47, mis à jour le Jeudi 5 novembre 2026 à 19:07

Dans une déclaration transmise à l'AFP, une majorité de députés du groupe communiste à l'Assemblée nationale annonce soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle. Un coup dur pour la campagne du candidat désigné par le Parti communiste français, Fabien Roussel.

Le groupe communiste à l'Assemblée nationale lâche Fabien Roussel. Ce jeudi, une majorité de députés du groupe Gauche démocrate et républicaine annonce dans une déclaration transmise à l'AFP qu'elle va soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle.

"À l'approche d'une élection présidentielle aux enjeux immenses, nous prenons nos responsabilités, par-delà nos attaches partisanes (...) C'est donc fort logiquement que nous nous engageons à soutenir la candidature à l'élection présidentielle de Jean-Luc Mélenchon", écrivent ces députés, dont fait partie le président du groupe, Stéphane Peu. "J'assume cet acte que j'assimile à un acte de désobéissance civile. C'est une objection de conscience", affirme le député de Seine-Saint-Denis, interrogé par l'AFP.

"Plus de convergences que de divergences"

Quatre des huit députés communistes du groupe GDR et cinq élus ultramarins* ont signé cet appel à soutenir Jean-Luc Mélenchon. "Avec LFI, nous avons beaucoup plus de convergences que de divergences", a justifié la députée Elsa Faucillon, interrogée par l'AFP. L'entourage de Fabien Roussel, contacté par LCP, affirme que pour l'heure aucune réaction du candidat du Parti communiste français n'est prévue. 

L'équipe de Jean-Luc Mélenchon se réjouit de cette annonce, qui survient à la veille de la publication de la nouvelle version de L'Avenir en commun, le programme de campagne de La France insoumise, et deux jours avant un grand meeting organisé au Bourget. "C'est une décision très forte des députés communistes et ultramarins qui contribue à l'union de la gauche de rupture autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon", a réagi auprès de l'AFP le député Paul Vannier, responsable des relations avec les autres partis. 

Jean-Luc Mélenchon a quant à lui salué la "démarche" des élus communistes, sur les réseaux sociaux : "Très ému de me retrouver au coude-à-coude avec le groupe communiste à nos côtés dans la lutte pour hisser la gauche au second tour de 2027 et appliquer un programme de rupture avec le macronisme", a écrit le candidat à l'élection présidentielle.

Depuis le lancement de leur campagne à Saint-Denis, en juin, les dirigeants insoumis affirment qu'ils sont les mieux placés à gauche pour l'emporter en 2027. Ils appellent donc les écologistes et les communistes à se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon. Avec, comme moyen de pression, la perspective de législatives anticipées : "Le périmètre de l'alliance à la présidentielle sera aussi celui des élections législatives", a récemment expliqué un cadre insoumis à LCP.

"Une forme d'opportunisme", dénonce le député Yannick Monnet

"Il y a certainement une forme d'opportunisme, en fonction du territoire où on se trouve, à soutenir telle ou telle candidature", commente auprès de LCP le député communiste de l'Allier, Yannick Monnet, qui soutient toujours Fabien Roussel. Selon lui, ces "ralliements de circonstance" sont avant tout mûs par la perspective d'affronter de nouvelles élections législatives anticipées en 2027 : "Mis à part un problème de sièges, je ne vois pas bien d'autres motivations", déclare le député, qui juge le timing de cette annonce, le jour d'une importante journée de mobilisation à l'appel des syndicats, "décalé".

Yannick Monnet précise que la décision prise n'est "en aucun cas une position de groupe" : "Si cela devait être le cas, il est évident que nous serions un certain nombre à ne plus être dans le groupe", ajoute l'élu, qui rappelle que le départ de trois députés entraînerait la disparition du groupe GDR à l'Assemblée nationale. 

L'élu affirme aussi que la question du maintien de Stéphane Peu à la tête du groupe communiste "va poser quand même quelques problèmes" : "On n'a plus que quatre mois, mais c'est une discussion qu'il faut qu'on ait", précise Yannick Monnet. "Je regrette que pendant que certains s'occupent de postes aux législatives, d'autres font campagne pour permettre à la gauche de gagner la présidentielle", explique encore le député, déterminé à proposer aux électeurs de gauche "une offre politique variée et qui lui ressemble".

 

* Les députés qui annoncent leur soutien à Jean-Luc Mélenchon sont : 

  • Soumya Bourouaha (Seine-Saint-Denis)
  • Elsa Faucillon (Hauts-de-Seine)
  • Emeline K/Bidi (La Réunion)
  • Karine Lebon (La Réunion)
  • Frédéric Maillot (La Réunion)
  • Marcellin Nadeau (Martinique)
  • Stéphane Peu (Seine-Saint-Denis)
  • Nicolas Sansu (Cher)
  • Emmanuel Tjibaou (Nouvelle-Calédonie)