La directrice de la Ciivise, Maryse Le Men-Régnier, a adressé une lettre ouverte à la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet pour dénoncer les "invectives abjectes" du député Rassemblement national Julien Odoul, qui a critiqué son institution.
Maryse Le Men-Régnier dénonce des paroles qui "franchissent l'ensemble des limites de la décence". Mercredi, la directrice de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a adressé une lettre ouverte à la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, pour dénoncer les propos "tout bonnement inadmissibles" prononcés par le député Rassemblement national Julien Odoul dans l'hémicycle du Palais Bourbon.
Les faits reprochés, d'une "gravité inédite", se sont déroulés le jeudi 29 octobre, lors de l'examen de la proposition de loi de La France insoumise "créant un parcours de soins intégralement pris en charge par la sécurité sociale pour toutes les victimes de violences sexuelles". Alors que la rapporteure Gabrielle Cathala s'exprimait, Julien Odoul a, selon le compte-rendu officiel de la séance, prononcé les mots suivants : "C’est quoi la Ciivise ? Le service sanitaire du Hamas ?".
"Assimiler une commission nationale dédiée à la protection de l'enfance victime de crimes sexuels à la branche sanitaire d'une organisation terroriste constitue un amalgame grotesque, diffamatoire et indigne de l'enceinte du Palais Bourbon", dénonce Maryse Le Men-Régnier dans sa lettre. "Au-delà de l'outrage porté à notre Commission, ces déclarations représentent une atteinte directe et intolérable à la dignité des victimes de violences sexuelles faites aux enfants", ajoute la directrice de la Ciivise.
Cette dernière estime que les propos du député RN "replongent" les "victimes et leurs familles dans la nuit du déni et du soupçon qu'elles combattent courageusement", "piétinent la mémoire des souffrances endurées pendant l'enfance" et "banalisent la gravité des crimes pédocriminels au profit d'une provocation politicienne stérile". Maryse Le Men-Régnier "sollicite donc solennellement" la "vigilance" de Yaël Braun-Pivet "afin que de tels débordements fassent l'objet des rappels à l'ordre déontologiques qui s'imposent, et que l'Assemblée nationale demeure le sanctuaire du respect de la dignité humaine".