Samuel Paty au Panthéon? Un député soumet la proposition à l'Assemblée nationale

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Samuel Paty
Samuel Paty. DR
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mardi 19 mai 2026 à 15:00, mis à jour le Mardi 19 mai 2026 à 15:10

Le député Jean-Louis Thiériot (Droite républicaine) vient de déposer une proposition de résolution "invitant le gouvernement à soutenir l'entrée au Panthéon de Samuel Paty". En la matière, la décision finale reviendra cependant à Emmanuel Macron. 

"Après le temps du choc, du deuil et de la justice des hommes, rendue par la Cour d’appel de Paris en mars 2026, vient le temps de la mémoire." Le député Jean-Louis Thiériot (Droite républicaine) vient de déposer, à l'Assemblée nationale, une proposition de résolution "invitant le gouvernement à soutenir l'entrée au Panthéon de Samuel Paty", assassiné le 16 octobre 2020. "Samuel Paty n'est pas une victime. C'est un martyr, c'est-à-dire un témoin, de deux pierres angulaires de notre édifice républicain : la liberté de l’esprit [...] et l'école", poursuit l'élu de Seine-et-Marne, dans le texte consulté par LCP. 

Evoquant la pétition en ce sens lancée par la sœur de Samuel Paty, qui dépasse aujourd'hui les 50 000 signatures, ou encore "la standing ovation reçue par le film L'Abandon au Festival de Cannes", Jean-Louis Thiériot estime que "la représentation nationale ne peut se tenir à l'écart de cette vague puissante qui dit du pays ce qu'il est réellement". 

"Nier l'héroïcité de ces vertus est un contresens"

A propos des "réserves exprimées" par certains, qui voient en Samuel Paty "une victime du terrorisme devenue un symbole à son corps défendant" des mots prononcés en janvier par le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray , le député parle d'une "lecture [...] fausse". Car, "alors qu'il était conscient des menaces", le professeur d'histoire-géographie "a fait le choix de continuer son œuvre" et "a poursuivi sa mission d'éveilleur des consciences". "C'est bien le choix d'un homme libre, l'héroïsme des humbles, le patient travail des maîtres qui s'efforcent de transmettre et d'émanciper dans l’obscure poésie du devoir. Nier l'héroïcité de ces vertus est un contresens", poursuit l'élu dans l'exposé des motifs de sa proposition de résolution.

L'article unique du texte invite donc le gouvernement à soutenir l'entrée au Panthéon de Samuel Paty, considérant à la fois que le professeur "est devenu, par son courage et par le sacrifice de sa vie, l'une des figures du combat de la République contre le fanatisme et l’obscurantisme" et que le monument parisien "a vocation à accueillir les personnalités dont la vie, l’engagement ou le sacrifice honorent la Nation française".

Après Robert Badinter en octobre 2025, c'est l'historien et résistant juif Marc Bloch qui fera son entrée au Panthéon le 23 juin prochain.

Une prérogative du chef de l'Etat

"C'est quelque chose qui doit être réfléchi", avait déclaré en janvier dernier le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, après la publication d'une tribune défendant déjà la panthéonisation de Samuel Paty. "Je comprends très bien la démarche", mais "la question du Panthéon en lui-même peut se poser parce que, historiquement, ça a toujours été associé à l'idée qu'il y avait un apport individuel déterminant à quelque chose, littéraire, scientifique, etc.", avait-il poursuivi, en marge de ses vœux aux enseignants prononcés dans un lycée hôtelier à Paris.

Quoi qu'il en soit, c'est in fine le président de la République qui décidera, ou non, de faire entrer Samuel Paty au Panthéon. Depuis le début de la Ve République, il s'agit en effet d'une prérogative élyséenne. "La représentation nationale est fondée à émettre le vœu" que le chef de l'Etat acte ce choix, estime Jean-Louis Thiériot, dont le texte n'a même s'il était adopté par le Parlement aucune valeur contraignante pour l'exécutif. Le député interpellera le Premier ministre sur le sujet, ce mardi après-midi, lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.