Invité de Lundi C'est Politique, Dominique de Villepin indiqué être d'ores et déjà en campagne pour collecter les 500 parrainages d'élus nécessaires à une candidature à l'élection présidentielle. Il a par ailleurs livré son analyse sur différents aspects de la politique internationale, appelant notamment à "tenir tête" à Donald Trump.
Confirmer sa candidature, sans toutefois l'officialiser, c'est à cet exercice d'équilibriste que Dominique de Villepin s'est livré, ce lundi 19 janvier. Invité de l'émission Lundi C'est Politique, l'ancien locataire de Matignon a confirmé être déjà "sur le terrain" en vue de l'élection présidentielle de 2027 et appelé les élus à lui octroyer leur parrainages, tout en estimant que "l'heure n'était pas venue" d'officialiser sa candidature.
Dominique de Villepin a notamment fait référence à Edouard Philippe, parti selon lui trop tôt, les Français n'ayant pour l'instant "pas la tête à l'élection présidentielle". Il a en outre battu en brèche toute idée selon laquelle il pourrait participer à une primaire de droite. "Moi je mène un combat pour la France et les Français, je ne mène pas un combat partisan", a-t-il aussi indiqué, estimant que "l'ordre républicain", "la justice sociale" échappaient au clivage droite-gauche.
Fustigeant au passage la "tentation identitaire" de l'ancien ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, il a estimé que la France était actuellement "un pays qui n'est pas gouverné". Il a ainsi indiqué que s'il était à la place d'Emmanuel Macron, il s'attèlerait à résoudre un certain nombre de "noeuds gordiens fondamentaux", parmi lesquels "les arbitrages en matière de services publics" ou "la valeur travail et la rémunération du travail". Une personnalité politique a cependant semblé trouver grâce à ses yeux en la personne du Premier ministre, son prédecesseur ayant estimé qu'il menait "une politique de bonne foi".
Quant à l'annonce du même Sébastien Lecornu, intervenue quelques minutes plus tôt, de recourir au 49.3 sur le projet de loi finances pour 2026, Dominique de Villepin a fait valoir que "les marges de manœuvre n'étaient pas très grandes", malgré "les efforts" consentis par le Premier ministre, et que la priorité actuelle résidait dans le fait de "donner un budget à la France".
Celui qui a également été à la tête du Quai D'orsay de mai 2002 à mars 2004 a par ailleurs livré son analyse de la situation internationale, alors que Donald Trump menace de s'arroger le Groenland. Accusant le 47e président des Etats-Unis de "semer l'instabilité et le désordre un peu partout" et de rendre "le monde plus dangereux qu'il ne l'était", il a appelé à lui tenir tête via des mesures de rétorsion commerciales. "Le plus grand risque que nous prendrions, c'est de baisser les bras et d'avoir peur. La peur, ça se renifle", a aussi considéré l'ancien Premier ministre, répondant à l'argument d'un éventuel risque de guerre commerciale entre l'Europe et les Etats-Unis.
Sur l'opportunité pour la France de sortir du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), suggérée notamment par La France insoumise, Dominique de Villepin a jugé que les Européens devaient d'abord faire preuve "d'unité", avant d'estimer que "si les Américains persistaient à vouloir conquérir le Groenland par la force, l'OTAN n'aurait plus aucune signification et tomberait de lui-même".