Des propos "tout bonnement inadmissibles": La Ciivise saisit l'Assemblée nationale après des "invectives" de Julien Odoul

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Julien Odoul, le 29 octobre 2026.
Julien Odoul, le 29 octobre 2026. LCP
par Maxence Kagni, le Jeudi 5 novembre 2026 à 08:48, mis à jour le Jeudi 5 novembre 2026 à 18:49

La directrice de la Ciivise, Maryse Le Men-Régnier, a adressé une lettre ouverte à la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet pour dénoncer les "invectives abjectes" du député Rassemblement national Julien Odoul, qui a critiqué son institution. Interrogé par LCP, l'élu assume et dénonce une "officine" qui est selon lui "incapable par des positions claires de protéger les victimes de violences sexuelles".

Maryse Le Men-Régnier dénonce des paroles qui "franchissent l'ensemble des limites de la décence". Mercredi, la directrice de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a adressé une lettre ouverte à la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, pour dénoncer les propos "tout bonnement inadmissibles" prononcés par le député Rassemblement national Julien Odoul dans l'hémicycle du Palais Bourbon.

Les faits reprochés, d'une "gravité inédite", se sont déroulés le jeudi 29 octobre, lors de l'examen de la proposition de loi de La France insoumise "créant un parcours de soins intégralement pris en charge par la sécurité sociale pour toutes les victimes de violences sexuelles". Alors que la rapporteure Gabrielle Cathala s'exprimait, Julien Odoul a, selon le compte-rendu officiel de la séance, prononcé les mots suivants : "C’est quoi la Ciivise ? Le service sanitaire du Hamas ?". 

"Une atteinte directe et intolérable à la dignité des victimes"

"Assimiler une commission nationale dédiée à la protection de l'enfance victime de crimes sexuels à la branche sanitaire d'une organisation terroriste constitue un amalgame grotesque, diffamatoire et indigne de l'enceinte du Palais Bourbon", dénonce Maryse Le Men-Régnier dans sa lettre. "Au-delà de l'outrage porté à notre Commission, ces déclarations représentent une atteinte directe et intolérable à la dignité des victimes de violences sexuelles faites aux enfants", ajoute la directrice de la Ciivise. 

Cette dernière estime que les propos du député RN "replongent" les "victimes et leurs familles dans la nuit du déni et du soupçon qu'elles combattent courageusement", "piétinent la mémoire des souffrances endurées pendant l'enfance" et "banalisent la gravité des crimes pédocriminels au profit d'une provocation politicienne stérile". Maryse Le Men-Régnier "sollicite donc solennellement" la "vigilance" de Yaël Braun-Pivet "afin que de tels débordements fassent l'objet des rappels à l'ordre déontologiques qui s'imposent, et que l'Assemblée nationale demeure le sanctuaire du respect de la dignité humaine".

Julien Odoul assume ses propos

"Je suis assez surpris de cette intervention de la directrice de la Ciivise", réagit Julien Odoul auprès de LCP. Le député RN ironise : "Elle parle quand même d'un incident d'une gravité inédite, là on est, à mon avis, proche du crime contre l'Humanité." Pour Julien Odoul, ce qui est véritablement "d'une gravité absolue, ce sont les positions de la Ciivise" : "Elles sont dans la roue de celles de La France insoumise", dénonce l'élu.

Julien Odoul reproche notamment à la Ciivise d'avoir publié en juillet 2026 un avis portant sur "la répression des viols sériels commis sur des mineurs de moins de 15 ans". Dans celui-ci, la commission précise qu'il est "légitime que la Nation juge et condamne avec rigueur les crimes sériels", tout en expliquant que "la systématisation dans le droit pénal français du recours à la réclusion criminelle à perpétuité doit être appréhendée avec une extrême prudence". "Il faut que ces individus soient isolés de la société pour le restant de leurs jours", commente a contrario l'élu RN.

Evoquant la présence de l'ancienne responsable du playdoyer de la Ciivise Alice Gayraud aux Amphis de la France insoumise en août dernier, le député de l'Yonne estime que la Ciivise est "aujourd'hui une officine clairement à gauche voire à l'extrême gauche". Julien Odoul dénonce enfin une "police de la pensée" émanant de la part d'une institution qu'il juge "incapable par des positions claires de protéger les victimes de violences sexuelles et de viols".