Budget de la Sécu: un amendement pour un départ en retraite à 62 ans voté lors des débats à l'Assemblée

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Sandrine Rousseau
Sandrine Rousseau dans l'hémicycle, le 22 octobre 2026 - LCP
par Soizic BONVARLET, le Jeudi 22 octobre 2026 à 13:24, mis à jour le Jeudi 22 octobre 2026 à 16:27

Un amendement visant à permettre aux salariés ayant cotisé 42 ans de partir à la retraite dès 62 ans, sans attendre l'âge légal, a été adopté à l'Assemblée nationale, ce jeudi 22 octobre, lors de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Une mesure dont l'entrée en vigueur est cependant plus qu'improbable, puisqu'il faudrait pour cela une majorité pour adopter l'ensemble du budget de la Sécu, alors que l'hémicycle est profondément divisé. 

Il y aura finalement eu un vote sur le départ à la retraite à 62 ans dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale... Ce jeudi 22 octobre, à l'occasion des débats sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, une majorité des députés présents en séance à ce moment-là s'est prononcée pour la possibilité de cesser de travailler à cet âge, en adoptant un amendement du groupe Écologiste et social. 

La députée Sandrine Rousseau, qui a défendu la mesure, a expliqué qu'il s'agissait de mettre en place un dispositif reposant sur "un congé, jusqu'à l'âge légal de la retraite [actuellement en vigueur], financé par l'entreprise et compensé à l'euro prêt par une exonération de cotisations sociales".

Contourner sans abroger

Pour bénéficier de cette mesure, les salariés devront être âgés d'au moins 62 ans et avoir validé 168 trimestres, soit 42 années de cotisation. Un retour à la situation d'avant la réforme des retraites, portée par Élisabeth Borne en 2023, sans que celle-ci ne soit à proprement parler abrogée. 

Le rapporteur général du budget de la Sécurité sociale, Thibault Bazin (Droite républicaine), a critiqué un dispositif symbolique et "sur le fond, pas opérant". "Qu'est-ce qu'elles vous ont fait, les entreprises ?", s'est pour sa part exclamé le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, dénonçant une charge financière "très lourde" qui leur incomberait. "Les entreprises vont se séparer des gens avant qu'ils atteignent ce seuil", a-t-il aussi prévenu, redoutant que la mesure ne pénalise davantage l'emploi des seniors.

L'amendement a été adopté par 45 voix contre 36 sous les vivats des bancs de la gauche. La mesure est cependant loin d'être définitivement validée, tant l'adoption en bonne et due forme du budget de la Sécurité sociale est un scénario plus qu'improbable dans un hémicycle sans majorité - et qu'en cas de 49.3 ou d'ordonnances, le gouvernement ne la retiendra à l'évidence pas dans le texte final.