Budget de la Culture en baisse: Catherine Pégard face aux critiques des députés

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Audition de Catherine Pégard, ministre de la Culture, le 22 octobre 2026
La ministre de la Culture Catherine Pégard auditionnée sur le budget pour 2027 en commission des affaires culturelles, le 22 octobre 2026.
par Pierre Levrel, le Jeudi 22 octobre 2026 à 19:05

"Recentrage" du Pass Culture, persistance des moyens sur des "priorités de la politique culturelle"... La ministre de la Culture, Catherine Pégard, s'est expliquée sur la baisse du budget de son ministère pour 2027, devant la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale. Les débats ont été singulièrement chahutés. 

"Dans ce contexte difficile pour les finances publiques", le budget repose sur "un principe simple : préserver les priorités de la politique culturelle pour l'avenir". Le 22 octobre, devant la commission des affaires culturelles, la ministre de la Culture Catherine Pégard s'est efforcée de faire le service après-vente du budget alloué à son ministère, revu à la baisse pour 2027. 

Dès son propos liminaire, l'ancienne présidente du château de Versailles a tâché de désamorcer le noeud des critiques, en rappelant que le budget de son ministère avait augmenté de 23% depuis 2017 (hors masse salariale). Néanmoins, en 2027, le budget de la Culture devrait reculer de 0,6% au global.

Plusieurs fonds "reconduits"

Plusieurs dispositifs font particulièrement les frais du contexte budgétaire. Sur le périmètre du Pass Culture, "dernier dispositif d'éducation artistique solide du gouvernement", selon les mots de Steevy Gustave (Ecologiste et Social), l'enveloppe est donc rabotée de 20 millions d'euros. Pour Catherine Pégard, qui a répété son attachement au dispositif, c'est d'abord la conséquence d'un recentrage adopté antérieurement.

La ministre s'est aussi attardée sur les moyens octroyés à France Télévisions, qui devraient diminuer de 47 millions d'euros l'an prochain - "conformément à la stratégie fixée depuis l'automne 2025", s'est-elle empressée de justifier. Sans remettre en cause l'investissement dans l'information et dans la création, ces choix relèvent d'une "règle simple énoncée par le Premier ministre : le bon usage de l'argent public". 

Dans son rôle de pompier en chef, Catherine Pégard a aussi noté que plusieurs périmètres bénéficiaient de la clémence du ministère du Budget. Ainsi, dans le souci de ne pas ralentir les travaux engagés, les établissements culturels en chantier bénéficieront des moyens programmés initialement - à l'image de la Conciergerie, ou du Centre Pompidou à Paris. Les opérateurs nationaux de la création seront également favorisés, pour la ministre, via la "quasi stabilité" de leurs moyens, figés à 364 millions d'euros. Les aides du fonds national pour l'emploi dans le spectacle sont également pérennisées, à hauteur de 39 millions d'euros, s'est félicitée Catherine Pégard. 

Une ambiance électrique

Dans l'ensemble, les rapporteurs et les députés ont regretté les choix budgétaires opérés par le gouvernement, sans s'opposer sur le principe à un effort budgétaire, pour le bloc central, la droite et l'extrême droite. Dès lors, les principales tensions ont résidé dans des oppositions idéologiques, plutôt qu'économiques. Avec, dans les mémoires encore, l'émotion provoquée par la commission d'enquête sur l'audiovisuel public. En témoigne une passe d'armes à micros ouverts par intermittence entre les députés Aymeric Caron (La France Insoumise) et Caroline Parmentier (Rassemblement National).

La baisse des moyens alloués à France Télévisions a pu susciter l'inquiétude de la députée Sophie Taillé-Polian (Ecologiste et Social), qui projette des "milliers d'emplois supprimés" dans la filière. Mais c'est principalement l'orientation politique des antennes publiques qui a nourri les tensions. La France Insoumise a listé les écarts des journalistes du service public, qui auraient produit des informations erronées vis-à-vis du parti de Jean-Luc Mélenchon. Le Rassemblement National s'est inquiété du contraire. Ces tensions vives ont donné lieu à deux interruptions de séance, soulignant les enjeux vifs que soulève l'enveloppe du ministère de la Culture.