Une pétition pour "interdire les armes mutilantes dans les manifestations lycéennes" dépasse 60.000 signatures sur la plateforme de l'Assemblée

Actualité
Image
LBD
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mercredi 7 octobre 2026 à 17:41, mis à jour le Mercredi 7 octobre 2026 à 17:47

Le compteur d'une pétition qui demande "l'interdiction des armes mutilantes et des techniques d'immobilisation létales dans les manifestations lycéennes" - mise en ligne, lundi 5 octobre, sur la plateforme de l'Assemblée nationale dédiée aux pétitions citoyennes - grimpe rapidement. Que peut-il se passer si le nombre de signatures continue de monter ? On vous explique. 

La pétition, déposée lundi sur la plateforme de l'Assemblée nationale dédiée aux pétitions citoyennes, est passée de 6.000 signatures mardi matin à plus de 60.000 ce mercredi 7 octobre après-midi. Son objet ? L'"Interdiction des armes mutilantes et des techniques d'immobilisation létales dans les manifestations lycéennes". 

"Cela passe notamment par l'interdiction des gestes d'immobilisation à risque d'asphyxie", comme le "plaquage ventral" et les "clés d'étranglement", mais aussi par "le retrait des armes mutilantes comme les LBD 40, les grenades explosives et de désencerclement (GM2L, DMP provoquant arrachements et éclats aléatoires), les pistolets à impulsion électrique (Taser)", peut-on lire dans le texte.

Ce dernier est porté par Raphaël Pradeau, "professeur et parent d'un lycéen", qui se dit "alarmé par les techniques de 'maintien de l'ordre' déployées face au mouvement" des lycéens, qui manifestent en France depuis plusieurs jours. L'initiateur de la pétition est également porte-parole de l'organisation Attac, l'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne. 

"Il est urgent de protéger nos enfants, nos élèves"

Et maintenant ? Si la pétition dépasse les 100.000 signatures, elle sera mise en ligne sur le site de l'Assemblée nationale, comme prévu par la procédure, ce qui lui donnera davantage de visibilité. Au cours du processus, l'une des commissions permanentes du Palais-Bourbon - en l'occurrence la commission des lois - devra décider, soit de classer cette pétition, soit de l'examiner ; comme cela a été le cas ce mercredi pour la pétition visant à rendre obligatoire l'affichage du Nutri-Score.

Et si le seuil des 500.000 signatures est atteint (issues de 30 départements de France différents), le texte pourra éventuellement faire l'objet d'un débat dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. En février dernier, c'est ce qui s'était passé avec la pétition "Non à la loi Duplomb".

Ce mercredi, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé la suspension, "uniquement" dans le cadre du mouvement lycéen de l'usage des grenades assourdissantes par les forces de l'ordre après le drame de Lens, où un lycéen a eu la main arrachée. Mardi, les députés socialistes ont, quant à eux, annoncé le dépôt d'une proposition de loi visant, là aussi, "à interdire l'usage des armes mutilantes et des techniques d'immobilisation létale lors des manifestations lycéennes". La pétition ne pouvant pas avoir, en elle-même, d'impact législatif, les élus du groupe présidé par Boris Vallaud ont décidé de la reprendre dans leur texte. 

"Nous ne pouvons pas attendre que de nouveaux drames se produisent et qu'un ou une jeune décède comme ce fut le cas pour Malik Oussekine", écrit, dans le texte de sa pétition, Raphaël Pradeau, qui estime "urgent de protéger nos enfants, nos élèves et leur droit à manifester et à exprimer leurs revendications".