"Six mois de tempête": dans un livre, le député Charles Alloncle donne sa version de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public

Actualité
Image
Charles Alloncle à l'Assemblée nationale
Charles Alloncle à l'Assemblée nationale, le 26 juin 2025
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mercredi 30 septembre 2026 à 17:11, mis à jour le Mercredi 30 septembre 2026 à 17:12

Dans un livre publié ce mercredi 30 septembre, intitulé Je jure de dire toute la vérité, le député Charles Alloncle (Union des droites pour la République) revient sur son rôle de rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public. "J'ai compris rapidement que les institutions n'allaient pas me protéger", écrit notamment l'élu du groupe d'Éric Ciotti. 

Entre novembre 2025 et avril 2026, Charles Alloncle a été sous le feu des projecteurs politiques et médiatiques, à la faveur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, dont il était le rapporteur. Six mois plus tard, le député Union des droites pour la République (UDR), le mouvement d'Éric Ciotti, publie un livre intitulé Je jure de dire toute la vérité (éditions Fayard) ; en référence au serment prononcé par les auditionnés de toute commission d'enquête. Sur plus de 300 pages, l'élu de l'Hérault revient sur son rôle et sa manière – controversée – d'assurer la mission de rapporteur.  

"Je ne m’attendais pas à vivre six mois de tempête d'une telle intensité. (...) J'ai compris rapidement que les institutions n'allaient pas me protéger", écrit Charles Alloncle en introduction. "Je n'imaginais ni ce que j'allais découvrir ni l'épreuve que j'allais traverser. J'ai vu un système se radicaliser, se défendre, attaquer et protéger avec une remarquable énergie ses avantages qu’il consacrait beaucoup moins d’efforts à justifier", ajoute-t-il, précisant avoir à cette occasion "reçu [ses] premières menaces de mort". "Ces six mois m'ont fait l'effet d'une plongée en eaux profondes au cœur d'un système fondé sur la connivence, qui se met en branle pour défendre son agenda idéologique, mais aussi ses intérêts financiers", a résumé le député dans Le Figaro magazine, qui a publié les "bonnes feuilles" de son ouvrage.

-> Voir aussi notre documentaire sur le sujet : "Audiovisuel public, les secrets d'une commission"

Des "entraves" au bon exercice de sa fonction 

Dans une interview au JDD (propriété de Vincent Bolloré, comme les éditions Fayard) publiée ce mercredi, Charles Alloncle revient aussi sur l'attitude de son binôme, le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), qui était, lui, le président de la commission d'enquête. "C'est une sorte d'incarnation chimiquement pure du macronisme : à force de vouloir plaire à la gauche et ne pas être détesté par la droite, on finit par adopter des comportements contradictoires", lâche-t-il, tout en dénonçant des "entraves" au bon exercice de sa fonction de rapporteur. 

"Au long de ces six mois, j’ai découvert, à mes dépens, que les sociétés de production constituaient un sujet bien plus sensible encore que l’audiovisuel public lui-même", écrit aussi Charles Alloncle, affirmant n'avoir "jamais rencontré autant d'hostilité que lorsque j'ai commencé à examiner ces contrats". 

En juin dernier, moins de deux mois après la publication de son rapport, le député UDR avait déposé une proposition de loi "visant à prévenir les conflits d'intérêts dans les sociétés nationales de programme". Le texte avait été rejeté en commission et n'avait pas été examiné dans l'hémicycle, faute de temps, lors de la niche parlementaire de son groupe politique.