Budget de la Sécu: la motion de rejet de LFI écartée, l'examen du texte lancé dans l'hémicycle de l'Assemblée

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Stéphanie Rist et Camille Galliard-Minier
Stéphanie Rist et Camille Galliard-Minier dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 20 octobre 2026 - LCP
par Soizic BONVARLET, le Mardi 20 octobre 2026 à 21:20, mis à jour le Mardi 20 octobre 2026 à 22:11

La motion de rejet préalable déposée par La France insoumise sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 a été repoussée par les députés, ce mardi 20 octobre en fin de journée. L'examen du budget de la Sécu a donc commencé dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

259 voix contre 128. Tout comme la motion de rejet déposée par le groupe Socialistes sur le budget de l'État la semaine dernière, celle à l'initiative de La France insoumise pour contrer l'examen du budget de la Sécurité sociale a été écartée ce mardi en début de soirée à l'Assemblée nationale. 

Si les voix de toute la gauche se sont jointes à celles des insoumis, les autres groupes ont fait part de leur volonté de débattre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) dans l'hémicycle et non, selon l'expression d'Annie Vidal (Ensemble pour la République) de "le renvoyer à l'expéditeur". Un vote qui à ce stade, ne présage en rien d'une issue favorable pour le texte, ce dernier ayant été logiquement rejeté en commission la semaine dernière, en l'absende de majorité pour soutenir le gouvernement au Palais-Bourbon. 

Le gouvernement appelle à la "lucidité" et au "compromis"

Lors de la présentation du budget de la Sécu devant les députés, juste avant l'examen de la motion de rejet, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a formulé un appel à la "lucidité", appelant à "réaliser que notre population vieillit, que les pathologies chroniques explosent et que notre croissance n'est plus celle des Trente glorieuses". Et la ministre de plaider pour la recherche d'un "compromis", afin de "tenir la promesse d'une Sécurité sociale pour les générations futures".

Son collègue du Travail, Jean-Pierre Farandou, s'est pour sa part félicité d'"une loi de financement qui est d'intérêt général, car elle souhaite préserver l'avenir", saluant l'objectif pour 2027 de "diviser quasiment par deux le déficit de la Sécurité sociale en le ramenant à 12,7 milliards [contre 21,8 milliards en 2026]".

Pas de quoi convaincre Hadrien Clouet, qui a défendu la motion de rejet préalable de La France insoumise. "La macronie n'a pas réussi à vendre la maison, elle tente de partir avec les meubles", a-t-il considéré à propos de la copie gouvernementale. Le député a fustigé un "ultime texte de braquage de la Sécurité sociale" au travers des "12 milliards d'euros de coupes (...) dans la vie elle-même", qualifiant au passage ce PLFSS de "texte de classe". 

La France, c'est un drapeau tricolore, c'est la Marseillaise, et c'est la carte Vitale. C'est donc notre pays que nous défendons ce soir. Hadrien Clouet (La France insoumise)

Dans une référence à l'actualité et au mouvement social, Hadrien Clouet a, en outre, accusé le gouvernement de "tondre les lycéens". "Ça ne vous suffisait pas de leur casser la gueule et de les mutiler, vous réalisez 600 millions de coupes sur l'allocation de rentrée scolaire. Alors que 20% des gosses vont à l'école en ayant faim, vous voulez aussi que la trousse soit vide à la rentrée !", a-t-il lancé dans l'hémicycle.

Des critiques sur lesquelles se sont retrouvés l'ensemble des groupes de gauche, Béatrice Bellay (Socialistes) dénonçant au travers du projet de loi du gouvernement une "nouvelle violence sociale", quand Édouard Bénard (Gauche Démocrate et Républicaine) a protesté contre "le double racket des comptes de la Sécu, comme du porte-monnaie des assurés sociaux".

Des arguments qui n'ont pas convaincu une majorité de députés de rejeter le texte sans même en discuter puisque la motion a été repoussée par 259 voix "contre" et 128 "pour".

Ainsi, tout en dénonçant un texte "très mauvais" et "très injuste pour les salariés, les entreprises, les retraités", Christophe Bentz a fait part de la volonté du Rassemblement national de débattre du PLFSS. "Notre rôle c'est de légiférer", a-t-il souligné, disant la volonté de son groupe de "tenter d'améliorer [ce] texte, tout du moins d'en limiter les dégâts". 

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