La commission des affaires culturelles se prononce ce mercredi sur une proposition de loi sénatoriale qui vise à permettre le retour en Guyane de dépouilles d'Amérindiens conservées au musée de l'Homme, à Paris. Ces "restes humains" appartiennent à des personnes exhibées dans des zoos humains, au XIXe siècle.
La commission des affaires culturelles et de l'éducation s'apprête à étudier ce mercredi une proposition de loi sénatoriale qui vise à rapatrier en Guyane certains "restes humains" conservés au musée de l'Homme. Le texte, soutenu par la ministre de la Culture Catherine Pégard, propose de sortir des collections du Muséum national d’histoire naturelle les dépouilles d'Amérindiens issus des peuples Kali'nas et Arawaks, afin de permettre leur rapatriement sur le sol guyanais.
Ces six dépouilles et huit moulages de parties de corps appartenaient à des personnes qui ont été exhibés dans des "zoos humains" au Jardin d'Acclimatation à Paris : "En 1892, trente-trois Amérindiens kali'nas et arawaks ont été emmenés dans l'Hexagone par l'explorateur François Laveau (...) ils furent exhibés dans ce qu'on appelait alors des spectacles ethnologiques, désignés aujourd'hui comme des zoos humains", a expliqué Catherine Pégard, lors de l'examen du texte au Sénat. "Quelques semaines après leur arrivée, en plein hiver, huit sont morts. Nous peinons à le croire, mais les corps de six d'entre-eux sont encore dans nos collections", a ajouté la ministre.
Regardons notre histoire en face et donnons enfin une sépulture à des hommes et femmes auxquels on a déjà volé la vie : Couani, Miacapo, Emeigno-Marita, Ibipio Ouramana, Pékapé, Mayaré et Malé. Catherine Pégard, le 18 mai 2026
Aujourd'hui, leur rapatriement est impossible en raison du principe d'inaliénabilité des collections publiques. Plusieurs lois ont été récemment votées pour fixer un cadre dérogatoire, mais elles ne concernent que les demandes d’États étrangers, et donc pas les demandes issues des territoires d'Outre-mer.
Le texte a déjà été adopté à l'unanimité au Sénat, le 18 mai. "Il n'était plus possible d'attendre", a expliqué Catherine Pégard. Une adoption conforme du texte en commission, ce mercredi, et en séance publique, ce lundi 15 juin, doit permettre son adoption définitive.