Un syndicat quitte une audition, refusant de répondre à une instance présidée par le RN

Actualité
Image
Roger Chudeau (RN) à la tribune de l'Assemblée, jeudi 12 janvier 2023
Roger Chudeau (RN) à la tribune de l'Assemblée, jeudi 12 janvier 2023
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Jeudi 2 avril 2026 à 17:24

Invités ce jeudi matin à une table ronde pour parler de l'impact de l'intelligence artificielle sur le métier de journaliste, les représentants du SNJ-CGT ont quitté la salle de la mission d'information expliquant refuser de participer à "une instance dirigée par le Rassemblement national". Le député RN Roger Chudeau a dénoncé un "comportement sectaire et déplacé". 

Dans un communiqué publié ce jeudi 2 avril sur X, le député Roger Chudeau (Rassemblement national) dénonce une "marque de mépris" envers l'Assemblée nationale et un "comportement sectaire et déplacé" qu'il juge "inacceptable". Les faits se sont déroulés quelques heures plus tôt, lors d'une audition de la mission d'information sur l'impact de l'intelligence artificielle sur notre éducation et notre culture, dont l'élu est le président. Invités à participer à une table ronde, avec d'autres syndicats de journalistes, les représentants SNJ-CGT ont préféré quitter la pièce après avoir pris la parole à l'ouverture des débats. 

"Nous aurions eu beaucoup de choses à dire sur ce sujet crucial, mais conformément à nos orientations confédérales, nous ne le ferons pas devant une instance dirigée par le Rassemblement national", a justifié Hélène Richard, membre du SNJ-CGT. "Ce que nous dénonçons en choisissant de ne pas participer aujourd'hui à ces travaux, c'est bien la banalisation du Rassemblement national et des ses idées", a-t-elle ajouté, précisant, avant de se lever et de partir, qu'un communiqué co-signé avec le SNJ et la CFDT serait publié dans la foulée. 

Également conviés, ces deux syndicats "nous ont indiqué qu'ils nous feraient parvenir des contributions écrites", avait, en début d'audition, indiqué le député Roger Chudeau. "Nous n'aurons de cesse de lutter contre les projets de l'extrême droite, qui menacent la liberté de la presse et nos démocraties", peut-on notamment lire dans le communiqué en question. 

Céline Calvez regrette cette "chaise vide"

Dans la foulée de cette prise de parole, le président de la mission d'information qui était en visio, et non à l'Assemblée nationale a dit "déplorer" cette décision. "Je ne suis pas le représentant, ni le porte-parole du Rassemblement national [...]. Nous agissons en tant que député mandaté par la commission des affaires culturelles pour aborder une question d'intérêt général", a poursuivi l'élu du Loir-et-Cher, qui estime que le syndicat a eu "tort de politiser le débat" et d'utiliser cette "invitation pour en faire une tribune politicienne".

Quelques minutes plus tard, la rapporteure de la mission d'information, Céline Calvez (Ensemble pour la République), a également regretté cette "chaise vide". "Quand on donne, à l'Assemblée nationale, la possibilité aux organismes syndicaux de s'exprimer et de pouvoir ainsi être relayés et retransmis, cela fait partie de la transparence, mais aussi de votre utilité", a déclaré la députée.

Les échanges se sont ensuite poursuivis avec les représentants de Force ouvrière, qui ont, eux, fait le choix de rester.