Conséquence des élections sénatoriales de dimanche, au cours desquelles huit députés ont été élus à la Chambre haute, plusieurs nouveaux visages vont faire leur arrivée à l'Assemblée nationale. LCP fait le point.
Huit députés vont quitter l'Assemblée nationale pour le Palais du Luxembourg, après avoir été élus dimanche 27 septembre aux sénatoriales (la liste est ici). Comme le prévoit le code électoral, ils laisseront leur place à leurs suppléants – sauf si ces derniers refusent d'intégrer le Palais-Bourbon (il y aurait alors une élection partielle). Qui sont ces nouveaux visages ? LCP s'est penché sur le parcours de ces élus.
C'est à la faveur de l'élection de la désormais ex-députée Valérie Bazin-Malgras (Droite républicaine) dans l'Aube que Bernard de La Hamayde va faire son entrée à l'Assemblée nationale pour représenter la 2e circonscription du département. "C'est un grand honneur pour moi. "Je vais m'inscrire dans ses pas dans un contexte de vote du budget tendu", a déclaré l'élu auprès de L'Est Eclair, en se disant "tout de même triste" de devoir quitter ses mandats locaux. Agé de 74 ans, Bernard de La Hamayde est conseiller municipal de Saint-Parres-lès-Vaudes, ville dont il a été maire pendant plus de 30 ans ; président de la Communauté de communes du Barséquanais en Champagne ; et vice-président du conseil départemental de l'Aube.
Sur X, le maire Les Républicains de Troyes, François Baroin, a salué l'élection d'un "ami cher, de toujours et de grande qualité".
Lui assure avoir pris sa décision d'être, ou non, député, mais affirme, dans L'Echo du Berry, ne pas vouloir l'annoncer tout de suite. A 64 ans, Emmanuel Riotte, qui est l'actuel maire de Saint-Amand-Montrond, est le suppléant de Loïc Kervran (Horizons) dans la 3e circonscription du Cher, qui a remporté dimanche un siège de sénateur dans ce département. "Je dois rencontrer plusieurs personnes à Paris, à l'Assemblée nationale, je vais en profiter pour rencontrer plusieurs ministres : le but étant d'attirer l'attention sur Saint-Amand-Montrond et la communauté de communes. J'ai les leviers, je compte les utiliser quelques jours", explique-t-il dans le journal local.
Cet été, Emmanuel Riotte avait fait parler de lui lors de son combat contre la fermeture de la maternité de sa commune, avec une prime de 1.000 euros pour chaque nourrisson qui y est né. "Il faut que l'on conserve notre maternité pour que des jeunes viennent s'installer à Saint-Amand-Montrond. (...) On va résister, c'est un bras de fer entre les collectivités lcoales et Paris", déclarait-il alors sur RMC.
Elu lors du scrutin sénatorial de dimanche en Charente-Maritime, Christophe Plassard (Horizons) laisse sa place à sa suppléante, Vanessa Parent. Elue municipale dans la commune du Château-d'Oléron (située sur l'île d'Oléron), dont le maire n'est autre que son père, elle était jusque là 4e adjoint en charge des grands travaux de voirie et des bâtiments patrimoniaux. "Dans un monde politique violent, (...) où les anciens mettent énormément d'énergie à savonner la planche des nouveaux, que moi je puisse aujourd'hui faire la courte échelle à quelqu'un de qualité qui va être la première femme députée de la 5e circoncription (...) est une vraie fierté pour moi", a réagi le sortant dans un média local.
Après la victoire de Sylvie Josserand (Rassemblement national) dans le Gard, sa suppléante Laurence Gardet faire siéger pour la première fois au sein de la représentation nationale. Née en 1969, cette dernière est conseillère régionale d'opposition en Occitanie et ancienne conseillère municipale à Nîmes. Commerçante, elle a tenté de se faire élire à l'Assemblée nationale à plusieurs reprises, puisqu'elle avait été candidate aux législatives dans la 6e circonscription du Gard en 2017 et en 2022. En 2024, elle avait accepté d'être suppléante, et siégera donc prochainement à ce titre au Palais-Bourbon.
Christine Dumas a d'ores et déjà mis à jour son compte Instagram, elle est la nouvelle députée de la 11e circonscription de Gironde. En effet, Edwige Diaz (Rassemblement national) devient, elle, sénatrice après les sénatoriales de dimanche. Christine Dumas est actuellement conseillère municipale de Bourg. En mars dernier, lors des élections municipales, elle avait mené une liste dans cette commune d'un peu plus de 2.000 habitants, située au nord de Bordeaux. Celle qui devient députée avait alors été battue par Laurence Darhan, candidate sans étiquette (41,79% contre 58,21%).
"Je vais prendre la relève de ce qui a été lancé." Benoît Gilhet, qui était jusqu'à présent le suppléant de Manon Bouquin (Rassemblement national) dans la 4e circonscription de l'Hérault– élue sénatrice –, se dit prêt à relever le "challenge" dans le Midi Libre. Agé de 55 ans, ce retraité militaire explique qu'une réunion est prévue avec la sortante et le délégué départemental du Rassemblement national pour "mettre les dossiers sur la table et les prioriser". Il va quitter son emploi dans la collecte et le transport des déchets médicaux, indique le quotidien régional. Benoît Gilhet a été un temps adjoint au maire de Saint-Guilhem-le-Désert, sous la mandature précédente.
Muriel Fiol va, elle, prendre la suite de Frank Giletti (Rassemblement national) dans la 6e criconscription du Var, celui-ci ayant été élu au Sénat dimanche. Médecin addictologue à la retraite, elle est actuellement conseillère municipale d'opposition au Beausset et conseillère régionale de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Par le passé, Muriel Fiol a été à plusieurs reprises tête de liste pour le RN lors d'élections municipales : à Bandol en 2015 (lors d'une partielle) et en 2020 ; et au Beausset en 2026.
Dimanche, La France insoumise a fait son entrée au Sénat, avec l'élection de celui qui était jusque-là député de la 6e circonscription du Rhône, Gabriel Amard. C'est sa suppléante Melouka Hadj-Mimoune qui prendra sa suite. Elle est neuvième adjointe, déléguée au logement et à la coopération décentralisée, à Villeurbanne, et aussi conseillère à la métropole de Lyon. Mais Melouka Hadj-Mimoune – qui formait un ticket avec le sortant depuis 2022 et la Nupes – ne pointe pas dans le même mouvement politique que Gabriel Amard : elle est, elle, militante socialiste et pourrait décider de siéger dans le groupe Socialistes, présidé par Boris Vallaud, à l'Assemblée nationale.