Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, arrive à Mayotte ce mercredi pour tenter d'accélérer la reconstruction de l'archipel, qui tarde à se concrétiser un an et demi après le passage dévastateur du cyclone Chido, et où le Rassemblement national progresse.
Pour son premier déplacement en Outremer depuis sa nomination à l'automne 2025, Sébastien Lecornu a choisi de se rendre à Mayotte, où il sera de mercredi 26 août midi à jeudi soir avec plusieurs membres du gouvernement. "Un an et demi après le passage du cyclone Chido, la reconstruction et le développement du territoire sont trop lents. (…) Les résultats ne sont pas encore suffisamment visibles dans la vie quotidienne des Mahorais", écrit le Premier ministre dans une lettre aux maires de Mayotte. Il reconnaît aussi des "difficultés persistantes" dans de nombreux domaines, comme l'accès à l'eau et aux soins.
Alors que les élèves de Mayotte ont déjà repris le chemin de l'école, Sébastien Lecornu souligne aussi les "besoins de construction et de rénovation des écoles", tandis que des "retards dans la livraison ou la mise en service d'équipements publics" sont à déplorer. Ces difficultés "nourrissent une impatience que je comprends et que je partage", a-t-il écrit lundi avant son arrivée dans ce département français de l'Océan indien.
Sur place, le chef du gouvernement devrait visiter notamment un poste de sécurité, un quartier de renouvellement urbain, et rencontrer des écoliers. Il devrait aussi s'exprimer devant l'Assemblée de Mayotte et échanger avec les maires sur la reconstruction.
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Dans sa lettre, le Premier ministre promet également de "sortir de terre" les projets prévus par la loi d'août 2025 visant à réparer les dégâts provoqués par le cyclone du 14 décembre 2024, qui a fait au moins 40 morts et détruit de nombreuses habitations. Quelque quatre milliards d'euros de crédits sont prévus dans ce texte, qui est assorti d'une stratégie quinquennale 2026-2031, mais 12% seulement des engagements votés et délégués en 2026 ont été dépensés, selon le gouvernement.
Malgré les retards, Sébastien Lecornu souligne le "caractère définitif et irréversible" de ces projets, comme la construction d'un second hôpital, d'un nouvel aéroport, d'une deuxième prison ou d'une usine de dessalement. L'instabilité politique avec notamment la censure du gouvernement de son prédécesseur François Bayrou – venu à Mayotte juste après le passage de Chido – explique "en partie ces difficultés", selon lui.
Il évoque aussi des décisions à venir dans la lutte contre l'immigration clandestine, alors que la moitié des 323.000 habitants de l'archipel sont de nationalité étrangère selon l'Insee, en majorité originaires des Comores voisines, ou sur "la maîtrise civilo-militaire des espaces maritimes" français dans le stratégique Océan indien.
La députée Liot (indépendants) Estelle Youssouffa, pourtant proche du Garde des Sceaux Gérald Darmanin, s'est demandé sur X pourquoi le Premier ministre vient "les mains vides regarder nos moignons et nos plaies". Et dénonce un "tourisme ministériel (qui) pourrait passer pour de la provocation". Sa collègue du Rassemblement national Anchya Bamana a écrit à Sébastien Lecornu pour lui demander notamment le démantèlement du camp de Tsoundzou 2, où vivent dans la précarité plus d'un millier de demandeurs d'asile, ainsi qu'un bateau de la Marine nationale pour mieux surveiller les côtes.
L'intersyndicale CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires, Unsa, Snalc (éducation) de ce département le plus pauvre de France, a appelé de son côté à des grèves et des manifestations lors de cette visite pour réclamer une hausse des salaires visant à compenser la cherté de la vie, et un "alignement" des droits des habitants ultramarins sur ceux de la métropole.
(avec AFP)