Interrogée sur la décision de maires Rassemblement national de retirer les drapeaux européens du fronton de leur mairie, la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen, soutient cette décision et rappelle que les Français ont "rejeté la Constitution européenne" lors du référendum de 2005.
Marine Le Pen soutient les maires Rassemblement national qui ont retiré les drapeaux européens de leur mairie : "Rien ne prévoit la mise en œuvre de drapeaux européens sur les mairies", a déclaré la présidente des députés RN, interrogée ce mardi par des journalistes, à l'Assemblée nationale. Une décision notamment critiquée par le gouvernement.
Plusieurs maires du parti dirigé par Jordan Bardella ont récemment revendiqué leur choix de n'afficher que le drapeau tricolore sur la façade de leurs mairies. C'est le cas de Christophe Barthès, élu à Carcassonne, qui a publié une vidéo où ont le voit retirer un drapeau européen : "Dehors les drapeaux européens à la mairie ! Place aux drapeaux français", précise l'édile dans son message.
Élu à Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson a pour sa part publié une photo de sa mairie, dépourvue de drapeaux européens. Selon l'AFP, le maire RN de Harnes dans le Pas-de-Calais, Anthony Garénaux-Glinkowsk, a aussi retiré le drapeau européen, ainsi que le drapeau ukrainien, de son hôtel de ville.
Des initiatives dénoncées par le ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad : "Et les 3,4 millions d'euros de fonds européens pour l’hôpital de Carcassonne, on les rend aussi ? Sans parler des fonds pour les écoles de la ville, pour la rénovation du quartier du Viguier, ou de l’IUT ?", a écrit le ministre sur son compte X, avant de dénoncer un "populisme de bas étage". La députée Marie Lebec (Ensemble pour la République) a, quant à elle, dénoncé "l'hypocrisie" du RN, qui "méprise l'Europe tout en profitant de ses moyens".
"Je ne vois pas le rapport avec les subventions", a réagi Marine Le Pen, qui a évoqué le "non" au référendum de 2005 sur la Constitution européenne. La triple candidate à l'élection présidentielle a, en outre, rappelé que la France était un contributeur net à l'Union européenne, c'est-à-dire que la France verse plus d'argent à l'UE qu'elle n'en reçoit : "Hélas, l'Union européenne ne fabrique pas l'argent dans ses caves", a déclaré Marine Le Pen, avant d'ajouter que "l'argent vient directement de la poche des Français".
Ce n'est pas la première fois que cette question est abordée à l'Assemblée nationale. En mai 2023, une proposition de loi visant à rendre obligatoire le pavoisement d'un drapeau européen aux côtés du drapeau français au fronton des mairies de communes de plus de 1500 habitants avait été adoptée à l'initiative du groupe Renaissance (ancien nom du groupe Ensemble pour la République). Mais le texte n'a jamais été examiné par le Sénat, ce qui empêche de fait son adoption définitive et son entrée en vigueur.
En 2017, Jean-Luc Mélenchon avait, quant à lui, dénoncé la présence du drapeau européen à la tribune de l'Assemblée nationale lors de son arrivée au Palais Bourbon, le qualifiant de "truc" qui "n'est pas constitutionnel".