Lors d'un vote interne au Parti socialiste organisé jeudi soir, les adhérents ont choisi de désigner leur candidat parmi ceux "faisant partie du pôle socialiste", écartant l'option d'une primaire ouverte prônée par Olivier Faure. La perspective d'une participation du parti à la rose à une primaire unitaire de la gauche s'éloigne de plus en plus.
Une défaite pour Olivier Faure, et un premier pas vers la présidentielle pour le Parti socialiste. Les militants étaient appelés jeudi 9 juillet à voter sur le périmètre de la primaire de l'arc social-démocrate. Et c'est l'option d'un mode de désignation restreint qui a été plébiscitée par 55,5 % des votants, contre 44,5 % pour la primaire ouverte défendue par Olivier Faure.
Le premier secrétaire proposait que, moyennant une participation de deux euros, le vote soit ouvert aux sympathisants socialistes, tandis que ses opposants, parmi lesquels le chef de file des députés socialistes, Boris Vallaud, proposaient la désignation d'un candidat par les militants du parti et des "organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste", parmi lesquelles Place publique de Raphaël Glucksmann.
C'est cette dernière option qui l'a emporté dans la nuit de jeudi à vendredi, à 55,5% des voix. Dans une déclaration transmise à l'AFP, Boris Vallaud a salué "un choix très net". "Le premier secrétaire doit l'entendre et changer de méthode. Il faut maintenant mettre le cap vers la présidentielle", a également fait valoir le député.
"Les militants ont tranché, c'est la seconde option qui s'applique, mon devoir de premier secrétaire, après avoir appelé à ce vote, c'est de le respecter", a réagi ce vendredi Olivier Faure à l'antenne de FranceInfo. Indiquant ne pas ressentir de "pression particulière", il a toutefois fait part de ses "regrets" au regard de ce qu'il a qualifié de "toute petite primaire". Il a par ailleurs indiqué qu'il déciderait "le moment venu" s’il se présente à la primaire "fermée" prévue en octobre, et s'est réjoui qu'"au moins", "un débat [ait] lieu tout le mois de septembre".
Si le candidat qui sortira du chapeau à l'automne pourra théoriquement se soumettre à un nouveau vote dans une primaire de la gauche dite unitaire, cette perspective semble de moins en moins probable. Le 27 avril dernier déjà, sur le plateau de LCP, Boris Vallaud avait plaidé pour le rassemblement de la "gauche non mélenchoniste" au travers d'un candidat commun qui irait négocier un accord législatif avec ses partenaires.
Dans une lettre ouverte publiée le 30 juin, Les Écologistes, L'Après, Debout et Génération·s ont mis en garde leurs "chers camarades" socialistes, indiquant qu'ils ne soutiendraient pas "un choix et une candidature qui ne seraient pas issus d'un processus de primaire".