Présidentielle 2027: Marine Le Pen "souhaite" un second tour contre Edouard Philippe plutôt que contre Jean-Luc Mélenchon

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Marine Le Pen à l'Assemblée nationale.
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mercredi 29 avril 2026 à 10:47

A un an de l'élection présidentielle, Marine Le Pen affirme son souhait d'un second tour "entre le bloc central et le Rassemblement national". De préférence donc contre Édouard Philippe, plutôt que face à Jean-Luc Mélenchon. La cour d'appel de Paris doit rendre sa décision sur l'inéligibilité de la leader d'extrême droite le 7 juillet.

Elle ne sait pas si elle pourra être candidate en 2027, la cour d'appel de Paris devant rendre sa décision sur son inéligibilité le 7 juillet. Mais Marine Le Pen, qui laissera peut-être sa place à son "binôme" Jordan Bardella, a un scénario privilégié pour l'élection présidentielle. "Je souhaite un second tour face au bloc central", a-t-elle déclaré mardi dans un entretien à l'AFP. La raison ? La leader du Rassemblement national estime "nécessaire d'avoir la force d'une élection de choix et pas d'une élection de rejet de l'autre candidat". 

Concrètement, elle préfère l'emporter contre un adversaire issu des rangs de la droite et du centre, en particulier Édouard Philippe (Horizons) donné gagnant dans les dernières enquêtes d'opinion, que contre Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), que les rares sondages de second tour donnent très largement battu en cas d'affrontement avec le Rassemblement national.

La perspective d'une victoire dans le cadre d'un "front anti-LFI" ne l'enchante guère. "Je ne trouve pas ça extrêmement glorieux d'être élue sur la base de cet unique argument", explique Marine Le Pen, y voyant "une forme de facilité".

Bruno Retailleau sera "le Zemmour de 2027"

"La présidentielle se jouera certainement entre le RN et le bloc central, s'ils arrivent à avoir un candidat commun", insiste la triple candidate à l'Elysée, qui reconnaît que "dans cette configuration, Edouard Philippe a un certain nombre de qualités mathématiques", car "il est en même temps issu de la droite, ancien Premier ministre macroniste" et "il plaît à la gauche, en tout cas il ne la dérange pas".

Les thèmes ont été imposés par le RN, aujourd'hui plus personne ne peut faire campagne sans parler d'immigration ni de sécurité.

Auprès de l'AFP, Marine Le Pen a également un mot pour Bruno Retailleau, le patron des Républicains, qui ne lui inspire aucune inquiétude. "Ce sera le Zemmour de 2027 [il avait recueilli un peu plus de 7% des voix en 2022, NDLR]", ironise-t-elle. Selon elle, le patron des Républicains "va se radicaliser" pendant la campagne comme "à chaque fois que quelqu'un se met en concurrence avec le Rassemblement national".

Pour l'heure, le RN "prépare sa campagne". Un premier séminaire s'est tenu mi-avril. "On va maintenant se voir extrêmement régulièrement, avec Jordan Bardella et nos équipes rapprochées pour commencer les arbitrages sur le projet présidentiel, qui a déjà beaucoup avancé", indique Marine Le Pen à l'AFP. Prête pour la bataille, la cheffe de file de l'extrême droite française est d'autant plus à l'aise que "les thèmes ont été imposés par le RN, aujourd'hui plus personne ne peut faire campagne sans parler d'immigration ni de sécurité, c'est une victoire idéologique qui est acquise". Elle y ajoute deux autres thématiques pour la bataille présidentielle à venir : "la question évidemment absolument essentielle du pouvoir d'achat" et "le sujet des finances publiques qui va certainement s'inviter" dans la campagne.

(avec AFP)