L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, candidat probable à la présidentielle, propose ce vendredi de "séparer la société de l'État" dans un programme économique qui prévoit la suppression de toutes les niches fiscales et sociales, neuf grands impôts et une refonte globale de la CSG, le tout pour ramener le déficit public à 3% du PIB.
"La France est devenue impuissante. (...) La vérité, c'est que nous sommes en 1788. Dans une société puissante, riche, brillante et pourtant condamnée, immobile, désespérée et cynique (...) attendant que se lève l'insurrection qui l'emportera", écrit Dominique de Villepin dans un texte intitulé "Big bang - la règle républicaine", publié ce vendredi 28 août sur le site de son parti La France humaniste. Se voulant "lucide sur l'état de notre vieille maison", le chiraquien, probable candidat à l'Élysée, juge "vain" d'approcher la question des comptes publics "avec des recettes soi-disant raisonnables". "Je m'y suis essayé, modélisant des cures de rigueur avec autant de justice sociale que possible", explique-t-il.
Mais selon lui, "notre État est un tonneau des Danaïdes dans lequel on peut verser toujours plus d'argent sans jamais parvenir à le remplir" et qui donne prise à "un fonctionnement féodal", où "l'héritage détermine la position sociale davantage que le travail".
Alors, tout en promettant de ramener le déficit public à 3% du PIB à la fin du quinquennat au moyen d'une réduction drastique des dépenses publiques et d'une croissance annuelle qu'il évalue à 0,8%, Dominique de Villepin propose "une nouvelle nuit du 4-Août", lorsqu'en 1789, l'Assemblée constituante avait aboli les privilèges. Pour cela, il préconise "une grande loi d'extinction des niches fiscales et sociales", car "une nouvelle abolition des privilèges est essentielle". Elle sera "progressive, accompagnée et évaluée tout au long du quinquennat".
Sachant que ces niches soutiennent, pour certaines, des situations difficiles (handicap, outremer...), l'ancien Premier ministre promet que "personne ne sera abandonné à son sort" et qu'une partie de l'argent récupéré sera "utilisé à compenser immédiatement les impacts sur l'emploi et sur la viabilité des entreprises et des associations" ; une autre partie servant à financer "des politiques publiques de l'emploi, de la recherche, du logement, de l'outre-mer".
Dominique de Villepin propose également "une simplification radicale" du système fiscal, qui ne comprendrait plus que "neuf grands impôts", dont un "unique" sur le patrimoine "incluant l'ensemble des sources de la fortune" – qui doit rapporter davantage qu'actuellement – et "une imposition unique et renforcée des successions", en contrepartie d'une "défiscalisation intégrale des transmissions de son vivant". Il souhaite aussi "un taux unique de CSG pour tous", avec un élargissement de l'assiette aux dépenses d'intelligence artificielle, et surtout le basculement vers cette contribution de "plus de deux cents milliards d'euros" de cotisations salariés et employeurs.
"C'est le point de départ de nos retrouvailles avec l'abondance, le progrès et la liberté", conclut-il.
(avec AFP)