Présidentielle 2027: comment Jean-Luc Mélenchon veut s'attaquer aux empires médiatiques en cas d'élection

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Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon.
par Raphaël Marchal, le Jeudi 21 mai 2026 à 11:06

La France insoumise fera voter une loi "anticoncentration des médias" si la formation de gauche radicale arrive au pouvoir en 2027, a annoncé Jean-Luc Mélenchon ce mercredi. "Ça couvre plein de sujets, mais le premier, c'est la dislocation des monopoles", a assuré le fondateur de LFI sur sa chaîne Twitch.

"Démanteler les trusts", "séparer les médias et l'argent", "donner du pouvoir aux utilisateurs de médias"... En cas d'accès au pouvoir en 2027, La France insoumise portera en priorité une loi "anticoncentration des médias", a fait savoir Jean-Luc Mélenchon ce mercredi. Dans son émission "Allo Mélenchon", diffusée sur Twitch et Youtube, le leader de LFI a appelé à une "mesure radicale" rapidement mise en œuvre, pointant que neuf milliardaires détiennent 90 % des médias français.

La loi viserait notamment l'empire médiatique de Vincent Bolloré (CNews, Europe 1...), "mais il ne faudrait pas qu'on s'arrête qu'à Bolloré", a précisé le candidat LFI à l'élection présidentielle. Il ne faudra "pas faire juste de la petite retouche" et aller "jusqu'au bout de l'idée", a-t-il martelé. "La concentration des médias a des conséquences directes sur le droit à l'information", a pour sa part jugé Clémence Guetté, vice-présidente LFI de l'Assemblée nationale, lors d'une interview accordée à Sud Radio ce mercredi. La loi s'appliquerait aussi bien à Matthieu Pigasse (Radio Nova, Le HuffPost...) qu'à Bernard Arnault (Les Échos, Le Parisien) ou Rodolphe Saadé (RMC BFM, La Tribune).

Cela devrait intéresser tout le monde de savoir que neuf milliardaires détiennent 90% des médias français. Cette concentration des médias a des conséquences directes sur le droit à l'information. Clémence Guetté, députée LFI, sur Sud Radio

Jean-Luc Mélenchon a également évoqué la mise en place d'un "conseil déontologique des médias qui permette d'avoir un recours, parce qu'aujourd'hui il y en a aucun". Selon lui, l'Arcom, le gendarme de l'audiovisuel, est une "farce ambulante". Se revendiquant instruit par l'exemple des dirigeants de gauche de la vague des années 1990-2000 en Amérique latine, le leader de LFI a jugé qu'il ne faudrait "aucune naïveté". "Ça s'est terminé dans un carnage affreux", a-t-il soutenu.

Clémence Guetté, comme Jean-Luc Mélenchon, s'exprimait après la réaction du patron de Canal+, qui a annoncé ne plus vouloir travailler avec les 600 professionnels du cinéma ayant signé une tribune anti-Bolloré, milliardaire accusé de promouvoir les idées de droite via son empire médiatique. "M. Bolloré, par sa fortune, a mis la main sur des télévisions, des radios, la presse écrite, l'édition et le cinéma par Canal+", a jugé Clémence Guetté.

Sur France inter, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Ensemble pour la République), s'est aussi dite ouverte à débattre d'une nouvelle loi anticoncentration. "Dans notre démocratie, ce qui est important, c'est d'assurer le pluralisme des opinions, le pluralisme de création, la liberté de création. Si pour ce faire, il faut adopter une loi qui permette de l'assurer, j'y suis tout à fait favorable", a-t-elle dit.

Avec AFP