Philippe Brun écarté: l’affaire commence à diviser les candidats de la primaire de gauche

Actualité
Image
Philippe Brun 23/01/2025
Le député socialiste Philippe Brun à l'Assemblée, le 23 janvier 2025 (© LCP)
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Lundi 21 septembre 2026 à 10:31, mis à jour le Lundi 21 septembre 2026 à 10:32

Le député socialiste Jérôme Guedj, candidat à la primaire en vue de l'élection présidentielle, a jugé "extrêmement violent" dimanche la façon dont Philippe Brun a été exclu de ce scrutin, ainsi que sa suspension du Parti socialiste, à la suite d'accusations de violences qu'il réfute. 

Samedi, faisant sa rentrée dans sa circonscription de l'Eure, le député Philippe Brun, qui a été exclu, mercredi 16 septembre, de la primaire de gauche après des accusations de violences contre une ex-collaboratrice, a réclamé d'être réintégré dans ce processus de départage et de pouvoir participer au premier débat télévisé qui aura lieu ce mercredi. 

"J'ai mes parrainages, je suis députée socialiste, rien ne justifie cette suspension", a insisté l'élu, qui considère que "le bureau national du PS a été trompé" et va porter plainte pour dénonciation calomnieuse. Philippe Brun a également demandé "à chacun des candidats de la primaire de se positionner, de sortir de l'ambiguïté", car "on ne peut pas se cacher derrière cet arbitraire qui m'a été infligé".

"La direction du PS a été vite en besogne"

Dimanche 20 septembre lors d'une interview sur Radio J, Jérôme Guedj s'est montré sensible aux propos de celui qui espérait l'affronter dans cette primaire, jugeant "extrêmement violent[e]" la mise à l'écart de Philippe Brun. Il a déploré que cette suspension ait eu lieu, "sans que lui-même [Philippe Brunait été saisi, je ne trouve pas ça respectueux de la camaraderie qui pourrait exister".

"C'est une voix qui ne va pas pouvoir s'exprimer dans la primaire", et "la direction du PS a été vite en besogne", a déclaré Jérôme Guedj, s'étonnant que celle-ci n'ait pas agi avant, alors que la presse fait état "d'alertes" intervenues "depuis le début de l'été". "Les instances et commissions concernées ont fait preuve de retard coupable", a-t-il jugé, convoquant aussi l'affaire Julien Bayou, l'ancien secrétaire national du parti écologiste EELV, accusé de violences psychologiques avant d'être innocenté par la justice.

Interrogée le même jour sur BFMTV, Ségolène Royal, également candidate, s'est montrée prudente, expliquant "ne pas être dans les instances qui ont pris cette décision" et donc ne pas avoir "les éléments du dossier". Mais elle a affirmé que "face à la présomption d'innocence, il y a la présomption de vérité des femmes qui parlent et qu'il y a un chantier immense de lutte contre les violences faites aux femmes". "Si l'affaire avait surgi pendant les primaires, ça aurait été un vrai problème", a pointé Ségolène Royal.

De son côté, Raphaël Glucksmann a refusé de "commenter les procédures internes du Parti socialiste", dont il n'est pas membre. "Je sais qu'elle a été prise à la quasi unanimité du bureau du PS", a-t-il simplement déclaré sur Franceinfo ce lundi matin.

"Permettre à celui qui est accusé d'expliquer sa version des choses"

S'il n'est pas candidat à la primaire, le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner, s'est également prononcé sur cette affaire et critiqué la procédure. "Je ne connais rien du fond" du dossier", a-t-il indiqué sur la radio RCF, en jugeant qu'il aurait fallu "permettre à celui qui est accusé d'expliquer sa version des choses". À ses yeux, entre la saisine le 1er juillet de la commission dédiée par l'ex-collaboratrice et les candidatures le 15 septembre, il y a eu "sur le plan de la procédure, un vice de forme, sinon une vraie problématique qu'il faut lever". 

Évoquant le vote au sein du bureau national, qui a conduit à la suspension de Philippe Brun du processus de la primaire, Patrick Kanner a indiqué que, s'il avait participé à cette réunion, il se serait soit abstenu, soit n'aurait pas pris part au vote.

(avec AFP)