Inflation, hausse des prix des carburants, suppressions de vols par les compagnies aériennes... De nombreuses incertitudes pèsent sur les déplacements des Français à l'approche des vacances d'été. Pour l'heure, le gouvernement se veut rassurant, écartant le risque de pénurie de carburants.
"Se préparer au pire, mais espérer le meilleur". Tel est l'état d'esprit prôné par le ministre de l’Économie, Roland Lescure, au regard du contexte de crise énergétique et à l'approche des grands départs en vacances. Il a indiqué ce mardi 28 avril que le gouvernement surveillait "comme le lait sur le feu" les tensions autour de l'approvisionnement de carburants, et qu'il se préparait "à tout" pour cet été.
"Le sujet potentiel, c'est le kérosène", a-t-il indiqué au micro de France Inter, rappelant que la France importe "un peu de plus de 20% de [son] kérosène du Golfe". Alors que 400 vols ont déjà été annulés par la compagnie Transavia pour les mois de mai et juin, le locataire de Bercy a affirmé que le gouvernement n'avait "pas d'inquiétude pour le mois de mai" quant au risque de pénurie. Au-delà de cette échéance, "si jamais on faisait face à des enjeux d'importation, on a nos stocks stratégiques, [dont] une bonne partie sont en kérosène", a-t-il aussi fait valoir, indiquant en outre que les capacités de raffinage avaient été augmentées, notamment sur le site de Gravenchon (Seine-Maritime). Roland Lescure a par ailleurs annoncé qu'il recevrait prochainement "l'ensemble des compagnies aériennes pour faire le point sur la préparation de l'été".
Alors qu'au-delà du secteur aérien, le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a craint "une pénurie énergétique que les pays d'Asie connaissent déjà" en raison du blocage du détroit d'Ormuz, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a clairement écarté ce scénario. "Il n'y a, à l'heure où l'on se parle, aucun risque de pénurie", a martelé celle qui est également ministre de l'Energie sur le plateau de FranceInfo mardi. "Aucun risque sur l'essence, aucun risque sur le diesel, aucun risque sur le kérosène pour les semaines à venir", a-t-elle aussi détaillé, avant d'indiquer que "ce matin, environ 4% des station-services ont une difficulté sur au moins un carburant, [ce qui] correspond à la norme en tant de paix".
Si le gouvernement se veut rassurant, les incertitudes liées au contexte géopolitique actuel pèsent bien sur la capacité des Français à se projeter. Une étude menée par l’Ifop pour l’Alliance France Tourisme publiée ce mardi révèle que "seuls 37 % des Français se déclarent certains de partir [en vacances], contre 50 % l’an dernier, traduisant une montée de l’incertitude". Un état d'esprit qui se fait également sentir sur le budget escompté, puisque l'étude indique qu'il devrait s'établir à 1530 euros en moyenne, soit une diminution d’environ 150 euros en un an. 71 % des vacanciers devraient choisir la France (+ 3 points par rapport à 2025), contre 23 % l’Europe, et seuls 9 % d'entre eux des destinations lointaines.