Largement réélue dès le premier tour dans le 7e arrondissement, Rachida Dati pourrait paradoxalement pâtir de ce succès dans sa volonté de conquérir Paris. La candidate de la droite devra s'assurer de la mobilisation au second tour de ses électeurs, qui pourraient estimer à tort ne pas avoir besoin de repasser par le bureau de vote dimanche prochain.
C'est une victoire éclatante pour Rachida Dati... qui pourrait lui coûter des points dans la conquête de la ville de Paris. L'ex-ministre de la Culture l'a en effet largement emporté dans son fief du 7e arrondissement au premier tour des municipales, recueillant 58,77 % des voix, loin devant la liste d'Emmanuel Grégoire (PS, 14,95 %).
Mais conséquence de la réforme de la loi dite PLM (Paris-Lyon-Marseille), les électeurs parisiens glissent deux enveloppes différentes au moment de voter : une pour le conseil d'arrondissement, l'autre pour le conseil de Paris, chargé d'élire le futur maire. Et si les résultats du conseil d'arrondissement sont donc d'ores et déjà fixés dans le 7e, ce n'est pas le cas de ceux de la mairie.
Les électeurs de ce cossu arrondissement de la capitale devront donc bien se représenter dans leurs bureaux de vote ce dimanche 22 mars, uniquement dans le cadre du vote pour la mairie de Paris. Il existe donc un risque que des électeurs de droite, persuadés d'avoir rempli leur part du contrat, restent chez eux au lieu d'apporter à leur favorite des voix décisives dans sa conquête de la mairie. D'autant plus que la réélection de l'ex-ministre de la Culture a été annoncée à cor et à cri dans de nombreux médias, pouvant alimenter la confusion.
Au premier tour, la liste de la candidate LR s'est logiquement placée en tête pour l'élection au conseil de Paris. Au total, les votes recueillis dans le 7e représentent plus de 5 % des voix pour Rachida Dati dans l'ensemble de la capitale, ce qui n'est pas anodin. A noter qu'un risque similaire existe, dans une moindre mesure, dans le 16e arrondissement, où le candidat soutenu par Rachida Dati, Jérémy Redler, l'a aussi emporté dès le premier tour ; et dans le 13e arrondissement, où Jérôme Coumet, candidat d'Emmanuel Grégoire (PS), a recueilli plus de 51 % des voix.
Il serait étonnant que la réforme de la loi PLM, soutenue par Rachida Dati, et portée à l'Assemblée nationale par le numéro deux de sa liste, le député Renaissance Sylvain Maillard, finisse par desservir l'ex-ministre de la Culture. Charge à elle et à ses équipes de battre le rappel des électeurs lors du second tour, même si l’avenir de l’arrondissement est déjà réglé.