Léa Salamé, devant la commission d'enquête : "Le pluralisme est chez moi une conviction personnelle"

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par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Lundi 2 février 2026 à 13:40

Devant la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, la journaliste Léa Salamé, qui présente notamment le journal de 20 Heures de France 2, a affirmé n'avoir "jamais fait une seule interview sur l'influence de quiconque". Elle a également répété qu'elle quitterait l'antenne "immédiatement" si son compagnon, l'eurodéputé Raphaël Glucksmann, était candidat à l'élection présidentielle de 2027.

Pendant près de deux heures et demie, la journaliste Léa Salamé a répondu ce lundi 2 février aux questions des députés de la commission d'enquête "sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public". La présentatrice du 20 Heures de France 2 était accompagnée d'Hugo Plagnard et de Julien Duperray, les rédacteurs en chef du journal télévisé. "J'ai choisi de dédier ma vie à ce métier de journaliste que j'aime passionnément et je le fais avec le souci constant et exigeant de la transparence du pluralisme et de l'impartialité", a déclaré Léa Salamé, dans son propos introductif. 

"Mon attachement au service public est viscéral", a poursuivi la journaliste (voir la vidéo en tête d'article), qui a indiqué qu'"avant d'être une obligation professionnelle, le pluralisme est chez [elle] une conviction personnelle". 

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Interrogée sur ses relations avec les responsables politiques, Léa Salamé a expliqué qu'elle ne prenait pas "de café" et qu'elle ne déjeunait pas avec eux, car, selon elle, cela pourrait "vicier [sa] manière de les interviewer". Pour autant, à propos de l'affaire Thomas Legrand - Patrick Cohen, deux journalistes filmés, à leur insu, avec des responsables du Parti socialiste et accusés de connivence, elle a indiqué ne "pas avoir à commenter" le fond. Pour mémoire, eux-mêmes ont été auditionnés par la commission d'enquête en décembre dernier.

"Ça m'a choqué à double titre. Ça m'a choqué que des journalistes soient entendus [à leur insu] et ça m'a choqué que ça n'émeuve pas plus de monde", a-t-elle simplement répondu. 

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Léa Salamé quittera l'antenne si Raphaël Glucksmann est candidat

Forcément, à l'approche de l'élection présidentielle, sa relation avec l'eurodéputé Raphaël Glucksmann (Place publique) a été évoquée. Léa Salamé a répété que si ce dernier décidait d'être candidat en 2027, elle quitterait l'antenne, rappelant "la ligne de conduite" qu'elle s'était fixée précédemment. "S'il est candidat, je sors de l'antenne. [...] Je sors immédiatement", a assuré la journaliste. "Avant d'être la femme de quiconque, je suis une journaliste indépendante, honnête et une femme libre", a-t-elle aussi souligné.

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Répondant à une question du rapporteur, le député Charles Alloncle (Union des droites pour la République), sur son indépendance, Léa Salamé a affirmé n'avoir "jamais fait une seule interview sur l'influence de quiconque". "Par ailleurs, pensez-vous vraiment qu'en 2026, une femme pense forcément comme son mari, vote forcément comme son mari, pense forcément comme son mari, prie forcément comme son mari, fait ce que lui demande de faire son mari ? Vous pensez sérieusement qu'on en est là ? Je ne le pense pas, moi", a poursuivi la journaliste.

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"Je ne suis pas la compagne de Jordan Bardella"

A la question du rapporteur Charles Alloncle de savoir si elle pensait qu'elle serait à la tête du 20 Heures de France 2 si elle était "la compagne de Jordan Bardella", le président du Rassemblement national, Léa Salamé a répondu qu'elle ne l'était pas. Mais "j'espère que si la compagne de Jordan Bardella était journaliste, elle pourrait continuer à faire son travail sur une chaîne privée ou publique, jusqu'à ce que son compagnon soit candidat", a-t-elle déclaré. 

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Au cours de cette audition, Léa Salamé a également été interrogée sur l'erreur faite dans les journaux télévisés du 13 Heures et du 20 Heures en octobre dernier, où les noms de Samuel Paty et de Dominique Bernard ont été confondus"Le zéro erreur n'existe pas, (...) même si on doit tendre vers ça", a réagi la journaliste, qui a parlé d'une "confusion regrettable", parce qu'elle "touche aux victimes", et d'un "dysfonctionnement". 

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"Je suis vraiment désolé", a complété Hugo Plagnard, l'un des deux rédacteurs en chef du journal télévisé, qui a une nouvelle fois tenu à "[s']excuser auprès des familles de victimes, de notre public et des rédactions". Il a aussi précisé qu'un audit avait été mené et qu'il y a "un avant et un après" : "Nous avons tout fait pour que [cette erreur] ne se reproduise pas."