La bataille à gauche se poursuit en Seine-Saint-Denis: PS et LFI face-à-face pour présider l'intercommunalité Plaine commune

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Bally Bagayoko et Karim Bouamrane
par Ivan Valerio, le Lundi 20 avril 2026 à 14:56, mis à jour le Lundi 20 avril 2026 à 15:06

La bataille pour la présidence de Plaine Commune illustre, en Seine-Saint-Denis, les fractures persistantes au sein de la gauche. Le maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, a annoncé lundi sa candidature face au maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Le vote est prévu mardi 21 avril.

Un motif de conflit en plus, entre le Parti socialiste et La France insoumise. Cette fois, cela se joue en Seine-Saint-Denis. Le maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, s'est porté lundi candidat à la présidence de l'une des premières intercommunalités de région parisienne, Plaine commune, briguée par le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko. 

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Bally Bagayoko, qui a ravi il y a un mois aux socialistes la mairie de la deuxième plus grande ville d'Île-de-France après Paris, était, jusqu'alors, l'unique candidat déclaré. Cette présidence de l'établissement public territorial (EPT) fera l'objet d'un vote mardi.

"J'ai décidé d'être candidat", a annoncé Karim Bouamrane sur le réseau social X.
Porteur d'une ligne anti-LFI au sein du PS, il considère que les prises de position publiques de Bally Bagayoko et des cadres de LFI ont "confirmé clairement la volonté de faire de Plaine commune une base arrière pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon" à l'élection présidentielle de 2027.

2.200 agents pour 460.000 habitants

Le médiatique maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane, devenu en 2020 l'un des premiers édiles d'origine maghrébine à prendre la tête d'une ville de plus de 50.000 habitants, a été réélu le 22 mars, à l'issue d'une triangulaire incluant une candidate LFI.

Dans un clip diffusé durant le week-end, Bally Bagayoko a développé les raisons de sa candidature à la présidence de Plaine commune, "outil essentiel mais très peu connu" d'aménagement urbain que présidait depuis 2020 son prédécesseur, le socialiste Mathieu Hanotin.

Dimanche, le nouveau maire LFI de la Courneuve Aly Diouara, le maire écologiste de l'Ile-Saint-Denis depuis 2016, Mohamed Gnabaly, et le dirigeant communiste de Stains depuis douze ans, Azzédine Taïbi, ont manifesté leur soutien à la candidature de Bally Bagayoko et posé en photo avec lui.

Plaine commune, qui emploie 2.200 agents pour 460.000 habitants, englobe sept villes de Seine-Saint-Denis aux maires de gauche fraîchement élus ou réélus - Saint-Denis (et sa commune déléguée Pierrefitte), Saint-Ouen-sur-Seine, Aubervilliers, La Courneuve, Stains, Villetaneuse, L'Île-Saint-Denis - ainsi qu'une ville dirigée par un édile de droite, Epinay-sur-Seine.

(avec AFP)