Début février, Rachida Dati les avait accusé d'avoir proposé de l'argent à l'un de ses proches. "Je vais être très clair, jamais je n'ai monnayé un témoignage, ni même tenté de monnayer un témoignage" a répondu, ce jeudi 12 février, le journaliste de "Complément d'enquête", qui avait réalisé l'enquête sur la ministre de la Culture.
C'était il y a une semaine à l'Assemblée nationale. Sous serment, la ministre de la Culture, Rachida Dati, avait accusé les équipes de "Complément d'enquête" d'avoir proposé de l'argent à un membre de sa famille "s'il fournissait des informations [sur elle]" aux journalistes du magazine diffusé sur France Télévisions. La réponse des intéressés n'a pas tardé. Auditionnés ce jeudi 12 février par la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, les journalistes ont démenti.
"Nous n'avons évidemment pas proposé d'argent à quiconque dans l'entourage de Madame Dati, fut-ce par un tiers. Je démens cela catégoriquement et sous serment", a déclaré Tristan Waleckx, présentateur et rédacteur en chef de l’émission, en réponse à une première question posée sur ces accusations par le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons).
Dans la foulée, le journaliste Louis Milano-Dupont, qui a réalisé l'enquête sur Rachida Dati, a également pris la parole. "Je vais être très clair. J'ai bien conscience de vous répondre sous serment. Jamais je n'ai monnayé un témoignage, ni même tenté de monnayer un témoignage", a-t-il affirmé, ajoutant que cela était "contraire aux règles déontologiques les plus élémentaires [du métier de journaliste]". "Cela ne fait évidemment pas partie de nos pratiques", a-t-il renchéri.
Le journaliste a ensuite évoqué un e-mail qu'il a reçu "il y a quelques jours", envoyé par un "proche de Madame Dati [qui] s'est reconnu dans les propos qui ont été tenus ici", et qui "affirme clairement que Complément d'enquête ne lui a jamais proposé d'argent".
Avec l'accord du rapporteur de la commission d'enquête, le rapporteur Charles Alloncle (Union des droites pour la République), le président Jérémie Patrier-Leitus a demandé à Louis Milano-Dupont de verser l'e-mail reçu au travail parlementaire en cours. "Je demanderai donc à Madame la ministre de la Culture de me transmettre les documents dont elle a connaissance et qu’elle a en sa possession selon ce qu'elle a indiqué ici même", a poursuivi le député.
Le 5 février, Rachida Dati avait refusé de transmettre ces éléments à la commission d'enquête : "Ce sont des échanges privés qui concerne un tiers, je n'ai pas d'obligation de les remettre. Il ne le souhaite pas, je ne le fais pas."