"J’ai vite déchanté": le rêve brisé de Marie-George Buffet après la victoire de 1998

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Coupe du monde, les matchs du pouvoir, le podcast LCP
Coupe du monde, les matchs du pouvoir, le podcast LCP
par LCP.fr, le Mardi 16 juin 2026 à 09:59

Ministre des Sports lors du sacre des Bleus en 1998, Marie-George Buffet raconte avoir cru, comme beaucoup, au rêve d’une France rassemblée par son équipe "Black-Blanc-Beur". Mais l’ancienne ministre dit avoir "vite déchanté" face aux fractures sociales. Elle le raconte dans "Les matchs du pouvoir", un podcast LCP sur l'histoire politique des Coupes du monde de football. 
 

Le soir du 12 juillet 1998, la France bascule dans une liesse inédite depuis la Libération. Les Bleus viennent de battre le Brésil en finale de la Coupe du monde, au Stade de France. Zinedine Zidane a marqué deux buts, Emmanuel Petit a conclu la fête et tout un pays descend dans la rue.

À ce moment, Marie-George Buffet est ministre de la Jeunesse et des Sports du gouvernement de Lionel Jospin. Comme beaucoup de Français, elle garde un souvenir très précis de cette nuit-là. Elle nous raconte dans Les matchs du pouvoir, podcast LCP sur l'histoire politique des Coupes du monde de football. Et son souvenir se porte sur le stade, mais surtout son retour chez elle, en banlieue parisienne. 

"Les gens qui sont descendus de leur immeuble, ils ont envie de s’embrasser, de fêter ensemble cette victoire avec les drapeaux qui sortent", raconte-t-elle. Ce qui la marque, c’est le caractère spontané de cette joie. "Ce n’était vraiment pas quelque chose de préparé, ce n’était pas quelque chose d’artificiel, de politicien".

 

L'équipe "Black-Blanc-Beur"

Dans cette ferveur, Marie-George Buffet voit alors plus qu’une victoire sportive. Elle évoque une France métissée et populaire. "Comme beaucoup d’autres, j’ai peut-être un peu rêvé", reconnaît aujourd’hui l’ancienne ministre communiste. "J’ai rêvé un peu que cette victoire de l’équipe de France, qu'on disait Black-Blanc-Beur, allait faire que la France allait fêter sa diversité", explique-t-elle alors que l'expression s'impose partout. Et d'ajouter : "Moi, je suis une femme de la banlieue. Donc c’est l’image de ma vie".

Mais l’illusion ne dure pas. "Mon rêve s’est vite éteint après", confie Marie-George Buffet. L’ancienne ministre dit avoir "vite déchanté", car les difficultés sociales et les discriminations n’ont pas disparu avec la victoire des Bleus. Et elle cible un moment de rupture avec le match France-Algérie au Stade de France en 2001, quelques années plus tard. La Marseillaise est sifflée, Zinedine Zidane est pris à partie par certains dans les tribunes, puis la pelouse est envahie et la rencontre interrompue. 

Pour Marie-George Buffet, ce match révèle brutalement ce que le récit de 1998 avait masqué. "Ne demandons pas au sport de régler ce que les politiques sont incapables de régler", résume-t-elle. Après la fête, "la vie reprend", soupire-t-elle, avec le chômage, le logement, le pouvoir d’achat, les discriminations et les colères.

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