Le Rassemblement national a demandé, ce jeudi 15 octobre, la démission du gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, l'accusant "d'avoir franchi la ligne rouge" en rappelant que le budget pouvait être adopté sans vote au Parlement. Mercredi, c'est Jean-Luc Mélenchon qui avait demandé à ce qu'il soit rappelé à l'ordre.
"C'est honteux. Monsieur Moulin se comporte toujours comme un macroniste et pas comme le gouverneur de la Banque de France", a dénoncé ce jeudi sur France 2 le député Jean-Philippe Tanguy (Rassemblement national), qui a appelé à la démission d'Emmanuel Moulin. "Il faut qu'ils partent", a-t-il ajouté, citant également Amélie de Montchalin à tête de la Cour des comptes et Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel. Car, ils "devraient être neutres", mais "ils font beaucoup trop de politique".
La raison : le gouverneur de la Banque de France avait appelé la veille le monde politique français à "prendre (ses) responsabilités" pour permettre l'adoption d'un budget. "Il existe un certain nombre de dispositions dans la Constitution française permettant qu'un budget soit voté ou adopté même sans majorité au Parlement", a-t-il aussi déclaré lors de l'assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) à Bangkok, dans une allusion apparente à l'article 49.3 de la Constitution ou à l'article 47 sur l'usage d'ordonnances.
Cette déclaration d'Emmanuel Moulin, qui était l'ancien secrétaire général de l'Elysée, avait également suscité une vive réaction de Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise). "Une nouvelle fois, le commis de Macron, devenu gouverneur de la Banque de France, donne des leçons aux députés sur le budget (...) Cet abus de pouvoir ne peut pas durer. La banquière centrale (Christine) Lagarde doit rappeler à l'ordre son employé en France", avait commenté le candidat à la présidentielle sur X.
Depuis Bangkok, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a, elle, déclaré mercredi que "la France cherche actuellement à adopter un budget qui placerait son déficit et sa dette sur une trajectoire descendante". "Il faudra toutefois du temps pour les ramener à des niveaux susceptibles d'inspirer confiance, une entière confiance, tant à la population qu'aux investisseurs", a-t-elle averti.
Le projet de budget 2027 actuellement discuté à l'Assemblée nationale a l'ambition de ramener le déficit public français à 5% du produit intérieur brut l'année prochaine. Mais à quelques mois de l'élection présidentielle, son adoption par un vote apparaît plus que jamais improbable faute de majorité à l'Assemblée nationale.
(Avec AFP)