La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, souhaite que l'Assemblée nationale puisse se saisir d'une proposition de loi "pour répondre aux enjeux d'adaptation des forêts au changement climatique" déposée fin juillet à l'Assemblée nationale et co-signée par une soixantaine de députés issus de huit groupes politiques.
Dans une interview à Libération publiée ce lundi, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, revient sur son départ annoncé, puis avorté du gouvernement, après le vote du projet de loi d'urgence agricole. "Il faudra encore me supporter", lance-t-elle, même si "certains aimeraient que je ne sois plus là". "Je n'ai pas passé l'été sur une chaise longue", renchéri Monique Barbut face aux critiques sur son action.
Fin juillet, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a chargé la ministre de lui présenter d'ici octobre de nouvelles mesures pour "accélérer" la mise en œuvre du Plan national d'adaptation au changement climatique. "Pour ce qui est du financement, les ressources de l'Etat étant ce qu'elles sont, je voudrais creuser la piste d'un financement via la Caisse des dépôts issu de l'épargne des Français", indique Monique Barbut ce lundi.
Interrogée sur son absence aux côtés de Sébastien Lecornu ce lundi en Gironde, elle explique que son ministre délégué Mathieu Lefèvre est présent. Il "est chargé, notamment, des forêts d’exploitation" et "en Gironde, c’est au cœur de la problématique des hectares qui ont brûlé", justifie-t-elle, assurant que cela avait été "vu" en amont avec le Premier ministre.
Concernant les mesures à prendre pour mieux adapter la politique forestière aux enjeux du changement climatique, Monique Barbut évoque le programme France forêt 2100, tout juste lancé, et appelle à "accélérer" l'examen d'une proposition de loi sur le sujet déposée le 23 juillet à l'Assemblée nationale.
Ce texte transpartisan (à retrouver ici), porté par les députés Hendrik Davi (Ecologiste et social) et Sophie Panonacle (Ensemble pour la République) vise à "modifier la politique forestière pour répondre aux enjeux d'adaptation des forêts au changement climatique".
"La politique forestière doit être au cœur de nos préoccupations", écrivent, dans l'exposé des motifs de la loi, les 62 signataires, qui estiment que "la question de l’adaptation progressive de la gestion de nos forêts au changement climatique par le remplacement de certaines essences ou provenances désormais inadaptées sur certains secteurs sera un des enjeux majeurs des dix prochaines années".
Je partage très largement les orientations de ce texte. La ministre monique barbut
Parmi les 14 articles du texte, le premier institue un fonds national d'adaptation des forêts au risque d'incendie, le deuxième entend "rajouter comme objectifs de la gestion forestière l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de celui‑ci". L'article 4 "définit et encadre les coupes rases" et le suivant plaide pour "encadrer les modalités de récolte afin de préserver les sols forestiers et la capacité de régénération des peuplements". Un autre article vise à renforcer les moyens humains de l'Office national des forêts (ONF) et du Centre national de la propriété forestière.
"Je partage très largement les orientations de ce texte", indique ce lundi la ministre dans Libération. Pour l'heure, la proposition de loi n'est pas inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.