Emmanuel Macron appelle la majorité à garder son "unité" et son "esprit de dépassement"

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Emmanuel Macron
par Soizic BONVARLETBrigitte Boucher, le Lundi 15 janvier 2024 à 22:55, mis à jour le Mardi 16 janvier 2024 à 08:15

À la veille de sa conférence de presse, prévue mardi 16 janvier, le président de la République a réuni les parlementaires de la majorité à l'Elysée. En présence des membres du gouvernement tout juste remanié, Emmanuel Macron a réaffirmé la poursuite du "dépassement" enclenché en 2017 et tenté de mobiliser ses troupes en vue des élections européennes. 

Emmanuel Macron sera-t-il parvenu à rassurer et à remobiliser une majorité présidentielle ébranlée par la loi immigration et qui, pour une partie, trouve que le gouvernement qui sera complété dans les prochains jours penche, à ce stade, trop à droite ? Resserrer les rangs autour du gouvernement Attal et mobiliser les troupes en vue des élections européennes, c'était en tout cas l'objectif de la rencontre à huis clos à laquelle le chef de l'Etat avait convié les députés et sénateurs de la majorité présidentielle, lundi 15 janvier, à l'Elysée. A la veille de la conférence de presse au cours de laquelle il s'adressera cette fois à l'ensemble du pays, mardi soir, à partir de 20h15. 

Resserrer les rangs... 

"2023 vous a collectivement mis à rude épreuve et je ne l'ignore pas", a  déclaré le chef de l'Etat devant les parlementaires, évoquant le débat compliqué sur la loi immigration et la difficile adoption de la réforme des retraites. Selon des participants, il a aussi profité de l'occasion pour remercier, une nouvelle fois, Elisabeth Borne, qui n'était pas présente à l'Elysée, "pour l'action qui a été conduite" depuis 2022. 

Mais le Président a aussitôt tourné cette page pour appeler de ses voeux une année 2024 pleine "d'audace et d'action collective". Et il a exhorté sa majorité, qui n'est que relative à l'Assemblée nationale, à "garder" son "unité", ainsi que son "esprit de dépassement" du clivage droite-gauche, jugeant que "réactiver tous les clivages" serait la "pire des choses", car synonyme d'"impossibilité d'agir", de "défaite assurée" et de "triomphe des extrêmes".

"Ce n'est pas un changement de cap, ce n'est pas un changement d’orientation, c’est la poursuite du dépassement", a martelé Emmanuel Macron, alors qu'au sein même de la majorité, certains considèrent que le gouvernement remanié la semaine dernière - et en attente d'être complété -, penche trop à droite. 

"Avec ce gouvernement, nous voulons poursuivre la voie du dépassement au service d'une action résolue", a-t-il insisté selon des participants. "Au Parlement, nous sommes entrés dans une ère de guerre de mouvement permanent. Allons vers des textes plus courts, mieux ciblés. Tout ce qu'on peut faire par voie réglementaire, il faut le faire", a encore dit le chef de l'Etat. 

...Et mobiliser les troupes

`Sur l'immigration, Emmanuel Macron a anticipé qu'après la décision du Conseil constitutionnel, qui pourrait invalider plusieurs dispositions de la loi, Les Républicains et le Rassemblement national risquaient de demander de "changer la Constitution ou de sortir des traités" européens. "C'est là qu'il faudra se battre et pas en nous divisant", a-t-il prévenu.

Alors que la coalition présidentielle est largement distancée dans les sondages par le Rassemblement national à quelques mois des élections européennes qui auront lieu en juin, il a appelé ses troupes à se "mobiliser dans la bataille" car la majorité est, selon lui, le "seul" bloc qui "s'engage uni" avec "une vision claire pour l'Europe".

"L’immobilisme n’est pas et ne sera jamais une option face aux défis auxquels notre pays est confronté", a commenté sur X le député Mathieu Lefèvre (Renaissance), vantant la "détermination" et "l'énergie intacte" d'Emmanuel Macron.

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"Europe, fin de vie, sécurité, éducation… C’est avec fierté que je suis pleinement mobilisée autour de Gabriel Attal et de son gouvernement", a pour sa part indiqué la première Questeure de l'Assemblée nationale, Marie Guévenoux, comme une réponse à l'appel lancé par le président de la République.

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