Éducation : des représentants syndicaux quittent une table ronde tendue après avoir été mis en cause

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Les représentants syndicaux quittent la table ronde après avoir été critiqués par Roger Chudeau (RN)
Les représentants syndicaux quittent la table ronde après avoir été critiqués par Roger Chudeau (RN)
par Raphaël Marchal, le Mercredi 20 septembre 2023 à 18:37, mis à jour le Mercredi 20 septembre 2023 à 18:45

Venus participer à une table ronde sur la rentrée scolaire à l'Assemblée nationale, mercredi 20 septembre, les représentants des syndicats d’enseignants ont quitté la salle après avoir été mis en cause par certains députés. Avant l'incident, ils avaient été particulièrement critiques à propos de la politique de l'exécutif.

Ce fut le reproche de trop. Venus présenter, mercredi 20 septembre, leurs observations sur la rentrée scolaire aux députés de la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale, les représentants des syndicats d'enseignants ont quitté la table ronde avant la fin, à l'issue d'une séance particulièrement crispée.

Très critiques de la politique menée par l'exécutif et de la "surcommunication" de leur ministre de tutelle, Gabriel Attal, les représentants syndicaux ont longuement décrit la crise qui touche la profession, vilipendant la mise en place du "Pacte enseignant" - qui implique l'exécution de certaines missions supplémentaires en contrepartie d'une incitation financière -, critiquant le manque de personnel, et accusant le gouvernement d'avoir voulu détourner l'attention en interdisant l'abaya. 

Une tonalité offensive dénoncé par Véronique Riotton (Renaissance). L'élue de la majorité présidentielle a regretté un "ton caricatural", qui "n'honore pas le corps professoral que vous êtes censés représenter", a-t-elle lancé aux syndicalistes, tout en mettant en avant la hausse budgétaire et la revalorisation salariale mises en œuvre au cours des années précédentes. Véronique Riotton a également accusé les syndicats de faire "pression" sur les enseignants pour qu'ils ne signent pas le Pacte enseignant.

"Heurtée", "horrifiée"

Tour à tour, les syndicalistes ont vertement répondu à cette intervention. "Vous méprisez les organisations syndicales, les personnels et la démocratie", lui a rétorqué Sophie Vénétitay (Snes-FSU). "Je suis horrifiée de ce qui a été dit. Jamais je n'aurais pensé que ça aurait pu être dit à l'Assemblée", a complété Claire Marion (Sgen-CFDT).

Des députés de la Nupes, comme Inaki Echaniz (Socialistes) et Elsa Faucillon (Gauche démocrate et républicaine) sont intervenus en soutien des syndicalistes. "Je suis heurtée. [...] Votre intervention était inacceptable", a pointé l'élue communiste. L'audition s'est néanmoins poursuivie pour un temps, dans une ambiance nouée, après un appel au calme de la présidente de la commission, Isabelle Rauch (Horizons).

"Totalement ridicule"

Mais une intervention de Roger Chudeau (Rassemblement national) a précipité la fin de l'audition. "Le fait que vous vous permettiez de nous faire une leçon de respect de démocratie est totalement ridicule et totalement déplacé", a-t-il lancé à Sophie Vénétitay, avant d'enjoindre l'ensemble des syndicalistes à se "mettre au niveau" et à "baisser d'un ton".

Alors que Sarah Legrain (La France insoumise) prenait la parole pour faire part de sa "honte" après cette intervention, les représentants syndicaux ont fait le choix de quitter la table ronde, dans une ambiance plus que tendue, la présidente de la commission, Isabelle Rauch, préférant mettre fin à la séance.