Drogues: le député Andy Kerbrat (LFI), qui avait été contrôlé en train d'acheter des stupéfiants, organise un colloque sur les addictions

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Le député LFI Andy Kerbrat, le mardi 7 mai 2024.
Le député LFI Andy Kerbrat, le mardi 7 mai 2024.
par Raphaël Marchal, le Jeudi 18 juin 2026 à 13:21, mis à jour le Jeudi 18 juin 2026 à 15:03

Un colloque sur les addictions liées à la consommation de drogues est organisé par le député LFI Andy Kerbrat, ce jeudi 18 juin, à l'Assemblée nationale. L'élu avait été contrôlé en train d'acheter de la drogue en octobre 2024, ce qui lui avait valu d'être temporairement exclu du Palais-Bourbon, Il avait en outre suspendu son activité de parlementaire pendant plusieurs mois, notamment pour se soigner.

"Drogues et addictions : contre les obsessions réactionnaires, changeons de paradigme." Tel est l'intitulé du colloque organisé, ce jeudi 18 juin, au sein l'Assemblée nationale. L'événement est organisé par le député Andy Kerbrat (La France insoumise), qui avait exclu temporairement du Palais-Bourbon après avoir acheté de la drogue à un mineur avec ses frais de mandats en octobre 2024. Outre cette exclusion et l'engagement de rembourser l'usage indu d'argent public, il avait suspendu pendant six mois son activité de parlementaire afin de se soigner.  

"J'ai failli, c'est vrai", avait-il déclaré lors de son retour à l'Assemblée nationale en juin 2025. L'élu de Loire-Atlantique avait raconté avoir commencé à consommer de la drogue à partir de novembre 2022, après le décès de sa mère qu'il avait affirmé ne pas avoir "su gérer", tout comme le trauma dû à un viol subi dans son enfance.

Ce colloque se déroule en trois tables rondes réunissant des universitaires, des élus, des spécialistes, des professionnels de santé et des représentants d'associations. La première table ronde est consacrée aux causes des addictions et invite à "changer de regard sur les consommateurs et les conduites addictives" en insistant sur les "ressorts psycho-sociaux de la consommation". La deuxième est centrée sur la prévention et la réduction des risques. Et la dernière sera axée sur la décriminalisation et le "bilan de la pénalisation".

Une initiative qui suscite des critiques 

Sur les réseaux sociaux, l'initiative a été critiquée par certains adversaires politiques de La France insoumise. "On paie pour ça en plus. Pour que des députés camés, comme Andy Kerbrat qui achète sa dose à un dealer mineur dans le métro, nous donnent des leçons sur la façon dont on traite la drogue en France", s'est insurgé Kévin Pfeffer (Rassemblement national) sur X. "Bientôt Adrien Quatennens contre les violences faites aux femmes, Louis Boyard contre le narcotrafic et Thomas Portes contre l’antisémitisme ?", a ironisé Laurent Jacobelli (RN).

"J'achetais de la drogue à un mineur avec mes indemnités de député. Je veux essayer de faire passer cela pour une vertu. Gênance", a pour sa part commenté Éric Bothorel (apparenté Ensemble pour la République). Le collectif Police contre la prohibition, qui regroupe des membres de forces de l'ordre favorables à une décriminalisation de l'usage des drogues, indique avoir décliné l'invitation au colloque. "Le fait qu'[Andy] Kerbrat soit l’organisateur, et puisse capitaliser sur les déboires de son interpellation lors d’une transaction de stupéfiants, est déplacé", a fait savoir le collectif.