Dans un communiqué publié le 2 avril, les députés de La France insoumise font part de leur "profonde indignation" après le courrier détournant une page de Tintin au Congo reçu par Nadège Abomangoli, Danièle Obono, Aly Diouara et Carlos Martens Bilongo. Le groupe parlementaire appelle à se mobiliser "contre le racisme et les discriminations", le samedi 4 avril devant la mairie de Saint-Denis.
Le même courrier négrophobe, reçu par quatre députés de La France insoumise. C'est ce que dénonce avec force le groupe présidé par Mathilde Panot, qui appelle à "une condamnation unanime de l'ensemble de la classe politique".
Ce document, adressé cette semaine aux députés Carlos Martens Bilongo, Nadège Abomangoli, Danièle Obono et Aly Diouara, est décrit dans le communiqué comme "détournant une page de Tintin au Congo", "[mettant] en scène des personnes noires de manière déshumanisée et primitive".
Y sont mentionnés, en plus des quatre députés pré-cités, le nouveau maire de Saint-Denis Bally Bagayoko ainsi que Jean-Luc Mélenchon, accompagnés de la mention : "échappés du zoo de Beauval".
Une telle attaque, raciste négrophobe, visant des élu·es de la République, et à travers elles et eux des millions de nos concitoyen·nes, est absolument inacceptable et appelle une condamnation unanime de l’ensemble de la classe politique. Communiqué de presse du groupe LFI
Contestant le fait qu'il s'agisse d'actes isolés, La France insoumise analyse ces comportements comme s'inscrivant "dans un continuum de violences (symboliques et physiques) et de discriminations dont sont victimes au quotidien les personnes noires et racisées".
La France insoumise souligne en outre le "contexte de campagne raciste persistante depuis l’élection de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis", rappelant que "comme plusieurs autres nouveaux maires racisés, il a été la cible de nombreuses attaques de l’extrême droite".
Une enquête a été ouverte pour injure publique à caractère raciste après des propos visant le maire insoumis de Saint-Denis, tenus sur la chaîne du groupe Bolloré, CNews, le 27 mars dernier. Est-ce que ce maire "essaye de pousser les limites ?", avait interrogé le présentateur. Et le psychologue Jean Doridot alors présent en plateau de lui répondre : "Sûrement qu’il y a un peu de ça. Maintenant, c’est important de rappeler que l’homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu — nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus — il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité".
Plusieurs plusieurs responsables de gauche ainsi que des associations antiracistes avaient publiquement fait part de leur indignation et saisi l’Arcom suite à cette sortie. Dans l'enquête du parquet qui la concerne, le préfet de Seine-Saint-Denis a par ailleurs souhaité se constituer partie civile. Une seconde enquête a été ouverte pour le cyberharcèlement dont Bally Bagayoko est également la cible.
"Je ne compte plus les messages de ce type que j'ai reçus depuis 2017", a réagi sur X Danièle Obono, qui avait elle-même porté plainte contre le magazine d'extrême droite Valeurs actuelles en septembre 2020 après y avoir été dépeinte en esclave, pieds et mains enchaînés et le fer au cou. A propos du courrier raciste reçu par elle et trois de ses collègues, elle estime dans son post que "ce qui compte aujourd'hui, c'est le nombre que nous sommes à en être destinataires", avant de conclure : "Oh, oui. Ragez, les racistes. Vos larmes sont un carburant".
Le communiqué de La France insoumise n'hésite par ailleurs pas à dénoncer la responsabilité du gouvernement par son "laisser-faire", qui produirait "une totale impunité" envers "les clichés coloniaux véhiculés par certains médias et responsables politiques". Il appelle aussi à se mobiliser "contre le racisme et les discriminations" le samedi 4 avril, le nouvel édile de Saint-Denis ayant appelé à un grand rassemblement devant sa mairie à 14 heures.