Bardella rencontre en tête-à-tête le Medef, une première pour le RN

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Jordan Bardella
par Ivan Valerio, le Lundi 20 avril 2026 à 09:56, mis à jour le Lundi 20 avril 2026 à 09:59

Jordan Bardella déjeune ce lundi avec le bureau exécutif du Medef. Une rencontre inédite qui marque un tournant dans les relations entre le parti et la principale organisation patronale.

C'est une image qui aurait été impensable il y a quelques années encore. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, est reçu ce lundi par les instances dirigeantes de la principale organisation patronale française. Une première dans l'histoire du mouvement à ce niveau. 

Cette rencontre s'inscrit dans une série d'auditions que l'organisation dirigée par Patrick Martin organise avec les responsables des partis représentés au Parlement pour préparer les rendez-vous électoraux de 2027.

Dans le même cadre, le Medef a déjà reçu le socialiste Olivier Faure, mais aussi Gabriel Attal, ainsi que le patron du parti communiste Fabien Roussel et celui de l'Union centriste Hervé Marseille. D'autres rendez-vous sont à venir, avec Marine Tondelier, Edouard Philippe, Bruno Retailleau, Eric Ciotti, François Bayrou ou encore Manuel Bompard.

Rupture de ton au Medef

Si ce face-à-face est inédit, Jordan Bardella a déjà participé à des événements organisés par le Medef, comme les grands oraux menés avant les précédentes élections européennes ou un débat à "La Ref", rendez-vous annuel de l'organisation. 

La rupture de ton avec le passé est nette. En 2011, l'ancienne présidente du Medef Laurence Parisot décrivait l'ancien Front national comme "une menace pour le pays". Patrick Martin, lui, prône depuis janvier "le pragmatisme", justifiant cette ouverture par le poids parlementaire désormais considérable du RN.

"Peut-on exclure le RN du spectre de nos contacts politiques? Évidemment non, parce que c'est une formation qui pèse lourd au Parlement", a fait valoir Patrick Martin lors d'une conférence de presse de présentation de la stratégie du Medef dans la perspective des élections de 2027. Mais "je veux crever cette baudruche selon laquelle le patronat aurait massivement pris parti pour le Rassemblement national: je vous le dis les yeux dans les yeux, c'est faux", a-t-il ajouté.