Altercation avec des policiers: le député insoumis Sébastien Delogu est sorti de garde à vue

Actualité
Image
Sébastien Delogu (© AFP)
Sébastien Delogu (© AFP)
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Jeudi 27 août 2026 à 17:17, mis à jour le Vendredi 28 août 2026 à 09:40

Le député insoumis de Marseille Sébastien Delogu a été gardé à vue ce jeudi pendant plus de huit heures, avant d'être libéré dans la soirée avec une convocation pour outrage à la suite d'une altercation avec trois policiers venus interpeller un suspect dans l'immeuble où il réside.

Le député insoumis de Marseille Sébastien Delogu a été gardé à vue pendant plus de huit heures jeudi 27 août, avant d'être libéré avec une convocation pour outrage à la suite d'une altercation avec trois policiers venus interpeller un suspect dans l'immeuble où il réside. Arrivé sans un mot à 14 heures au commissariat central de la deuxième ville de France en compagnie de son avocat, le visage fermé et vêtu d'un costume bleu, il est ressorti par une porte dérobée vers 23 heures, s'engouffrant dans un taxi sans s'exprimer.

"La garde à vue a été levée. On ne fera pas de déclaration ce soir", a écrit dans un bref message à l'AFP l'avocat du député, Yones Taguelmint, tout en confirmant l'information d'une source proche du dossier indiquant que le député insoumis faisait l'objet d'une convocation pour outrage le 13 novembre.

Sébastien Delogu a de son côté posté sur le réseau Instagram un message affirmant "exprimer (sa) gratitude pour tous les messages de soutien". "Je remercie également les forces de l'ordre qui se sont comportées de manière irréprochable. Je suis actuellement chez moi, en train de me reposer, et je m'exprimerai bientôt", écrit aussi le député.

Le parquet de Marseille avait confirmé jeudi dans l'après-midi le placement en garde à vue du député "dans le cadre de l'enquête de flagrance diligentée pour outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique".

Trois policiers avaient porté plainte contre le député à la suite de l'incident survenu lundi, le parlementaire déposant de son côté une plainte contre X pour injures et violences physiques.

L'incident a eu lieu lundi à Marseille

Les faits se sont produits lundi vers 15h15 : trois policiers, à la recherche d'un homme soupçonné de vol de montre, tentaient de pénétrer dans l'immeuble où habite le député marseillais. Affirmant que les policiers n'avaient pas décliné leur identité, Sébastien Delogu a refusé de les laisser entrer avant de les retrouver quelques instants plus tard sur son palier, où les échanges ont dégénéré.

Selon la version du député, qui a transmis aux médias un enregistrement vidéo partiel de l'incident. il rentrait dans sa copropriété et s'apprêtait à en fermer la porte laissée ouverte quand, a-t-il raconté à l'AFP, "une personne en habit de civil que je ne connais pas m'intime de la laisser ouverte. Je ne connais pas la personne, je ne lui fais pas confiance car on m'a déjà menacé donc je refuse de la laisser ouverte".

"Ces personnes me suivent jusqu'à mon domicile, je leur demande leur carte de police. Ils me sautent dessus en me traitant de 'bon à rien'". Il affirme également que l'un des agents lui a lancé "'tu pues de la gueule'" et porté "un coup sur la poitrine".

Une plainte pour "outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique"

De leur côté, les policiers ont porté plainte pour "outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique", affirmant dans des PV que l'AFP a pu consulter que Sébastien Delogu s'était opposé "physiquement" à leur entrée dans l'immeuble, avant de les traiter notamment de "bande de fatigués" ou encore, pour l'un d'eux, de "trou du cul".

L'homme recherché a été interpellé sans encombre dans un appartement situé en face de celui du député. Selon les déclarations des policiers consultées par l'AFP, ils auraient eu plus tôt dans la journée un contact téléphonique avec Sébastien Delogu via une voisine, et le député leur aurait ensuite indiqué qu'il avait contacté le suspect pour lui indiquer que la police était à sa recherche. Interrogé par message mercredi par l'AFP sur ces affirmations, l'élu n'avait pas répondu.

(avec AFP)