1er-Mai pour les boulangers et les fleuristes: le gouvernement a présenté son projet de loi

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Le ministre Jean-Pierre Farandou (à droite) lors du compte-rendu du Conseil des ministres, le 29 avril 2026
Le ministre Jean-Pierre Farandou (à droite) lors du compte-rendu du Conseil des ministres, le 29 avril 2026.
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mercredi 29 avril 2026 à 15:43

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a présenté le projet de loi "de sécurisation du travail le 1er mai des salariés volontaires des boulangers-pâtissiers artisanaux et des artisans fleuristes grâce au dialogue social de branche". Seules ces deux professions sont concernées par le texte présenté, ce mercredi 29 avril, en Conseil des ministres. 

Pour le 1er mai 2026, suite à la déclaration de Sébastien Lecornu le 17 avril, le gouvernement fait appel à "l'intelligence collective". Pour l'avenir, un projet de loi "de sécurisation du travail le 1er mai des salariés volontaires des boulangers-pâtissiers artisanaux et des artisans fleuristes grâce au dialogue social de branche" a été présenté, ce mercredi, en Conseil des ministres.

"On s'est rendu compte qu'il y avait un malentendu qu'il a fallu lever par le dialogue social, où la perception des partenaires sociaux était que l'extension de la liste prévue et qui c'est vrai allait au-delà de [ces deux professions] pouvait être considérée comme une ouverture trop extensive de l'activité ce jour-là", a développé le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, en revenant sur le texte initialement porté à l'Assemblée nationale par les députés de droite, puis repris par leurs collègues du parti présidentiel. 

Lors du compte rendu du Conseil des ministres, Jean-Pierre Farandou a évoqué le "cadre de sécurité" trouvé, afin de restreindre la dérogation "à ces deux métiers et seulement à ces deux métiers", et qui devra passer par "un accord de branche". Ce dernier "précisera les conditions dans lesquelles on fait appel au volontariat des salariés et portera des sujets de rémunération, c'est au moins le double", a expliqué le ministre.

Pour les boulangers-pâtissiers, "ce sont les artisans (...) au sens où, au moment de leur création, ce sont des entreprises qui comptaient moins de onze salariés", a complété le ministre des PME, du Commerce et de l'Artisanat, Serge Papin.

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"Aucune instruction" donnée aux inspecteurs du travail

Interrogé sur d'autres métiers, comme les bouchers, qui ne seront pas autorisés à faire travailler leurs salariés le 1er mai, la porte parole du gouvernement, Maud Bregeon, a indiqué que l'exécutif "assume très clairement de ne pas supprimer un jour férié", car "ce n'est pas la volonté du gouvernement". "C'est le jour qui symbolise les acquis sociaux", a renchéri Jean-Pierre Farandou, qui a tenu à tirer une "petite leçon" de la séquence politique qui, il y a un peu plus de deux semaines, avait conduit le gouvernement à stopper le parcours législatif de la proposition de loi sur le 1er mai : "Toute réforme, (...) d'origine parlementaire ou gouvernementale, touchant aux sujets sociaux, du travail, doit d'abord passer par un dialogue social, par la démocratie sociale."

Le ministre du Travail a également déclaré n'avoir "donné aucune instruction en quoi que ce soit auprès des inspecteurs du travail" pour ne pas sanctionner les boulangers et fleuristes qui feraient travailler leurs salariés dans deux jours, le 1er mai 2026, tout en disant croire que "l'intelligence collective pourrait fonctionner" de façon à tolérer leur travail, sous réserve de volontariat et de rémunération au moins doublée. "Des inspecteurs du travail sont donc libres de faire des contrôles", a-t-il assuré.

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Côté calendrier, le projet de loi "ira au Parlement dans les semaines qui viennent" et "s'il est voté (...), on aura réglé cette insécurité juridique", a poursuivi Jean-Pierre Farandou, en faisant un pronostic "favorable". Ajoutant : "Je souhaite qu'il y ait une majorité. Je ne vois pas en quoi les partis de gauche ne pourraient pas soutenir un projet qui a été largement discuté avec les partenaires sociaux."

De son côté, le groupe Ecologiste et social a déposé un recours devant le Conseil d'Etat contre les annonces de Sébastien Lecornu pour ce 1er mai 2026, l'accusant "d'abus de pouvoir". Il y a un peu moins de deux semaines, le Premier ministre avait annoncé que les salariés volontaires des boulangeries et fleuristes indépendants pourraient travailler. Et déclaré qu'une "instruction" serait "donnée à l'ensemble des services de l'Etat" en ce sens. "Il a annoncé sur le perron de Matignon ce que le Parlement ne lui avait pas accordé", dénoncent les députés écologistes dans un communiqué, y voyant "un contournement délibéré de la représentation nationale, une atteinte frontale à la séparation des pouvoirs, un piétinement du Parlement".