- "Dieselgate" : l'Allemagne tremble...

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On l'appelle déjà le Dieselgate : l'affaire qui secoue Volkswagen prend une ampleur inédite. Hier, le président du directoire Martin Winterkorn a démissionné, alors que son entreprise est accusée de fraude aux contrôles des émissions de CO2. Vendredi, l'agence de protection de l'environnement américaine, l'EPA, a révélé que le constructeur automobile avait équipé ses modèles américains d'un système capable de détecter automatiquement les tests de mesure antipollution, qui enclenchait un mécanisme permettant la limitation des gaz polluants. Résultat : lors du test, les véhicules affichaient des résultats conformes aux normes. Le test terminé, le système cessait d'opérer et la voiture dépassait largement les seuils de pollution autorisés. De l'aveu même du groupe Volkswagen, la fraude concerne 11 millions de véhicules.

Et au-delà de la marque, c'est toute l'Allemagne qui tremble. L'industrie automobile pèse lourd outre-Rhin, et Volkswagen emploie 600 000 salariés. Le cours de la marque a chuté de 35% en deux jours. La fraude du constructeur pourrait bien se transformer en catastrophe nationale. Angela Merkel a elle-même pris la parole mardi : « Il s'agit maintenant de faire preuve d'une transparence totale, d'expliquer l'ensemble du processus, et j'espère que les faits viendront sur la table le plus vite possible ». Autre préoccupation de la chancelière : la réputation de l'ensemble du « made in Germany » pourrait souffrir de cette affaire.

Jusqu'à quel point l'Allemagne peut-elle souffrir de la fraude de son constructeur automobile ? Comment améliorer la qualité et la précision des tests aux contrôles des émissions de CO2 ? Les constructeurs français pourraient-ils appliquer eux aussi les même méthodes ?