General Electric répond à Montebourg sans s’engager fermement sur la création de 1.000 emplois

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le Jeudi 27 février 2020 à 17:18

Arnaud Montebourg accusait mercredi General Electric de ne pas respecter ses engagements pris lors du rachat en 2015 du pôle énergie d'Alstom. Les représentants français de l'entreprise américaine, auditionnés par les députés, assurent avoir déjà créé 358 emplois nets sur les 1.000 promis d'ici à la fin 2018.

General Electric (GE) répond à Arnaud Montebourg. Auditionné mercredi par la commission d'enquête sur la politique industrielle de la France, l'ancien ministre a mis en cause le géant américain : selon lui, GE ne respecte pas sa promesse de créer 1.000 emplois en France avant la fin de l'année 2018, "puisque il y a déjà des pertes d'emplois qui ont été observées".

Une accusation appuyée par le président de la commission d'enquête Oliver Marleix (LR), qui confirme que le solde est négatif, précisant même que 590 postes ont déjà été supprimés.

"Un peu difficile de s'exprimer avec certitude..."

"Nous avons recruté près de 2.500 personnes en France", a répondu jeudi Jérôme Pécresse, le président-directeur général de GE Energies renouvelables :

Nous avons réussi à créer, à fin octobre 2017, 358 emplois nets sur le territoire. Jérôme Pécresse

"Nous ne sommes pas encore à l'objectif de 1.000 emplois nets, a reconnu le pdg de GE Energies renouvelables, il reste un an, il y a beaucoup de variables que je ne maîtrise pas".

Évoquant "un contexte de marché très mouvant", le pdg n'a pas souhaité s'engager formellement sur la création des postes promis :

Il est un peu difficile pour moi de m'exprimer avec certitude sur la réalité que nous vivrons dans un an. Nous avons fait une bonne partie du chemin, nous avons quelques vents contraires (...) Nous travaillons autant que possible pour y arriver.Jérôme Pécresse.

"Patrick Kron a fait un choix de raison"

Mercredi, Arnaud Montebourg avait accusé l'ancien pdg d'Alstom, Patrick Kron, de "dissimulation" lors de l'opération de vente d'Alstom, et formulé de lourdes accusations à son égard :

Il est venu me voir et m'a dit "si vous n'acceptez pas l'accord avec GE, je vous fais un plan social tout de suite de 5.000 personnes".Arnaud Montebourg

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Face aux députés de la commission d'enquête parlementaire, jeudi, Jérôme Pécresse a tenu à défendre Patrick Kron. "La situation financière difficile du groupe et la transition énergétique mondiale vers les énergies renouvelables commandaient de prendre des mesures drastiques", a-t-il affirmé. Pour lui, "Patrick Kron et son équipe ont fait un choix de raison" :

Sans GE, le groupe Alstom tel que nous le connaissions en 2014 n'existerait de toute façon plus aujourd'hui.Jérôme Pécresse

Une déclaration à rebours des propos d'Arnaud Montebourg, qui estime qu'il y avait "sur la table d'autres solutions" et de "multiples possibilités pour éviter des rachats".


>> A revoir : l'audition d'Arnaud Montebourg par la commission d'enquête