Lutte contre le terrorisme : 330 créations d'emplois dans le renseignement en 2021

Actualité
le Mardi 20 octobre 2020 à 13:48

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, et la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, ont été auditionnés ce lundi 19 octobre par la commission des lois de l'Assemblée nationale. Cette audition a eu lieu dans le cadre de l’examen des crédits de leur ministère avant les discussions qui se dérouleront en séance publique la semaine prochaine sur le deuxième volet du projet de loi de finances pour 2021 qui porte sur les dépenses de l'État. 

Dans un contexte particulièrement heurté, trois jours après l’assassinat terroriste dont a été victime Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, les députés ont inauguré leurs travaux en observant une minute de silence en hommage à la mémoire du professeur d’histoire-géographie. Gérald Darmanin, qui au regard de la situation actuelle, a dû s’éclipser avant la fin de l’audition conjointe, a détaillé le fléchage des 1 milliard et 140 millions d’euros dédiés à l’augmentation du budget de son ministère en 2021, soit "3 milliards de hausse depuis le début du quinquennat".

Le ministre de l’Intérieur a insisté sur la lutte contre le terrorisme. Il a annoncé que 330 nouveaux emplois seront créés dans les services de renseignement, ce qui portera le nombre des agents à 9000 dès l’an prochain.

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Gérald Darmanin est également revenu sur la généralisation des caméras-piétons, pour "protéger les policiers et les gendarmes, le plus souvent agressés", et "lutter contre les images sauvages mises en ligne par ceux qui filment désormais les policiers et les gendarmes à cinq centimètres de la face", sans évoquer les suspicions d'usage excessif de la force parfois reproché à des policiers. D’après le ministre de l’Intérieur, les forces de l’ordre devraient être équipées de 30 000 de ces caméras d’ici au 1er juillet prochain, contre 10 000 à l’heure actuelle.

Suite à une intervention de Laetitia Avia (LaREM), Marlène Schiappa est quant à elle revenue sur la haine en ligne, phénomène d’autant plus d’actualité qu’il aurait précédé l'attentat dont a été victime Samuel Paty. La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté a rappelé qu’elle recevrait dès demain les patrons des réseaux sociaux ainsi que les représentants des plateformes place Beauvau, et assuré qu’au sein du ministère de l’Intérieur, "tout le monde est pleinement mobilisé". Elle a également annoncé la poursuite de la mise en œuvre du "plan national de prévention de la radicalisation", au moyen d’une enveloppe de 15 millions d’euros intégrés dans le FIPDR (fonds interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation), dont le budget se verra "sanctuarisé".

Marlène Schiappa a également présenté les crédits de la mission relative à l’immigration, en hausse de 2% par rapport au budget précédent, soit une enveloppe globale de 36,8 millions d’euros. "C’est un effort budgétaire conséquent", a déclaré la ministre, au service de "la volonté résolue du gouvernement de mieux accueillir mais également de mieux lutter contre les réseaux et les phénomènes d’immigration irrégulière".

Si la majorité et l’opposition de droite ont salué un budget allant dans le bon sens, notamment à la faveur du doublement des moyens du renseignement, La France insoumise, par la voix du député du Nord Ugo Bernalicis, a dénoncé un manque de lisibilité et une incohérence entre les chiffres annoncés et les propos tenus par Gérald Darmanin devant la commission. "Vous diminuez le budget classique pour le mettre dans le plan de relance", a-t-il ainsi affirmé. Un argument battu en brèche par le ministre, rappelant que plan de relance et projet de loi de finances étaient connectés, avant de conclure : "ne vous inquiétez pas, il y a plus de moyens pour les policiers, notamment des moyens matériels, et je suis sûr que vous vous en réjouissez".

Les députés de la commission des lois ont émis un avis majoritairement favorable pour les crédits des trois missions présentées par le ministère de l’Intérieur, "Sécurité", "Administration générale et territoriale de l’État" et "Immigration, asile et intégration". Les débats auront lieu dans l'hémicycle mardi prochain.