Élisabeth Borne nommée à Matignon : les réactions politiques

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Passation de pouvoir entre Jean Castex et Elisabeth Borne
par Soizic BONVARLET, le Lundi 16 mai 2022 à 14:07, mis à jour le Lundi 16 mai 2022 à 21:38

Trois semaines après sa réélection à l'Elysée, Emmanuel Macron a nommé Élisabeth Borne à Matignon. Une forme de continuité puisque celle qui est désormais Première ministre était jusqu'à présent en charge du Travail au sein du gouvernement de Jean Castex. Un choix symbolique aussi, puisque Édith Cresson était jusque-là la seule femme à avoir accédé à cette fonction. 

 

C'est le ballet traditionnel lors d'un changement de Premier ministre et de gouvernement. Un peu avant 16h, ce lundi 16 mai, Jean Castex a quitté Matignon en voiture pour se rendre à l’Élysée, et remettre la démission de son gouvernement à Emmanuel Macron, tandis que vers 17h, c'est la voiture d'Élisabeth Borne qui est arrivée au "Château" pour un entretien avec le Président. 

Le nom d'Élisabeth Borne était l'un de ceux qui revenaient le plus régulièrement depuis la réélection d'Emmanuel Macron. Ministre depuis les débuts de sa présidence, passée au ministère des Transports, puis à celui de l'Écologie, avant d'être nommée au ministère du Travail, elle est censée répondre à la formule du chef de l’État qui, interrogé à propos de son futur Premier ministre le 27 avril dernier, avait décrit un profil "attaché à la question sociale, à la question écologique et à la question productive". Trente ans après Édith Cresson, Élisabeth Borne, haute fonctionnaire et ingénieure, est la deuxième femme à être investie de la fonction de Première ministre en France.

Le président de l'Assemblée nationale et proche du chef de l'Etat, Richard Ferrand, a salué cette nomination en évoquant "une femme de cœur et de conviction, un parcours républicain exemplaire, une réformatrice par le dialogue dans les transports, l’écologie et l’apprentissage, l’expérience de l’entreprise et de l’État". Le chef de file des députés de La République en marche, Christophe Castaner, s'est quant à lui adressé à la nouvelle locataire de Matignon en la félicitant, avant d'évoquer "tous les candidats de la majorité présidentielle qui seront à tes côtés pour porter le projet d’Emmanuel Macron".

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Quelques minutes avant l'annonce officielle de l'arrivée d'Élisabeth Borne à Matignon, Jean-Luc Mélenchon, qui prétend au poste de Premier ministre en cas de majorité absolue accordée à la gauche lors des élections législatives, avait déjà tweeté : "Grande tension avant la nomination de mon prédécesseur. Sera-t-elle de droite ou bien de droite ? Personne ne veut le job. C'est un CDD de mission d'intérim." Quelques 45 minutes plus tard, le leader des Insoumis tweete cette fois, à propos d'Élisabeth Borne dont le nom a été confirmé : "baisse de l’allocation d’1 million de chômeurs, suppression des tarifs réglementés du gaz, report de 10 ans de la fin du nucléaire, ouverture à la concurrence de la SNCF et RATP. Très pour la retraite à 65 ans. En avant pour une nouvelle saison de maltraitance sociale !"

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Si le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a souligné le "point positif", constitué par une femme Première ministre, il a aussi déploré la "nomination de la ministre des transports qui a démantelé le service public ferroviaire, de l’écologie condamnée pour inaction climatique, du travail qui a spolié les chômeurs avec la réforme de l’assurance chômage".

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Un angle d'attaque également choisi par Marine Le Pen, qui a pour sa part tweeté qu'"En nommant Élisabeth Borne comme Premier Ministre, Emmanuel Macron démontre son incapacité à rassembler et la volonté de poursuivre sa politique de mépris, de déconstruction de l'État, de saccage social, de racket fiscal et de laxisme." Quelques minutes auparavant, le président de son parti, Jordan Bardella, avait pour sa part évoqué au micro de LCP "le choix d'une Premier ministre anti-sociale".

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Valérie Pécresse a adressé ses "félicitations républicaines" à Élisabeth Borne, avant de vanter un "parcours d’engagement nécessaire pour devenir la 2e femme Premier Ministre de notre pays", et de conclure : "je lui souhaite le meilleur pour la France". Le député Les Républicains Aurélien Pradié a quant à lui évoqué, sur le plateau de LCP "du Castex bis", avant d'ajouter : "c'est banal". "C'est confortable d'avoir autour de soi des serviteurs, c'est beaucoup plus confortable que d'avoir à gérer des personnalités politiques", a-t-il aussi estimé, critiquant ainsi la volonté d'Emmanuel Macron d'entretenir la prédominance de l'Elysée sur Matignon.

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Alors que la campagne bat déjà son plein, la nouvelle Première ministre sera en première ligne dans cette bataille. En tant que cheffe de la majorité, peut-être, et en tout cas en tant que candidate, puisqu'elle se présente aux suffrages des électeurs dans la 6e circonscription du Calvados, sous l'étiquette du parti présidentiel. En cas de victoire, c'est son suppléant qui siégera à l'Assemblée nationale.