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Vallaud-Belkacem critique l'"hypocrisie légendaire" de la droite sur la liberté de l'enseignement

Les députés LR ont quitté l'hémicycle mardi après que la ministre de l'Éducation national a dénoncé leur "double discours" sur l'ouverture d'établissements scolaires privés. En jeu : la censure par le Conseil constitutionnel, fin janvier, d'une disposition visant à mieux contrôler l'ouverture de ces écoles.


Najat Vallaud-Belkacem est régulièrement accusée par les députés de l'opposition de mener une réforme "idéologique et dogmatique" de l'école. Cette journée de mardi n'a pas fait exception à la règle.

Lors de la séance de questions au gouvernement, le député Frédéric Reiss (LR) a sonné la charge contre la ministre de l'Éducation nationale :

Dans un contexte où les familles fuient de plus en plus dans le privé, voire le secteur indépendant, vous ne trouvez rien de mieux que de tenter de battre en brèche le principe constitutionnel de la liberté d'enseignementFrédéric Reiss, député LR du Bas-Rhin

En cause, l'article 39 du la loi relative à l'égalité et à la citoyenneté, adoptée fin 2016, qui viserait à "restreindre les modalités d'ouverture" des écoles privées, selon le député. "Heureusement, le Conseil constitutionnel a censuré ces dispositions", se félicite Frédéric Reiss.

Plus facile d'ouvrir une école qu'"un bar ou un tabac"

Face à cette critique, la ministre a renvoyé d'emblée "l'idéologie" dans le camp de l'accusation.

Alors qu'elle a vu souvent la droite, dit-elle, déplorer "le fait que puisse se développer sur notre territoire des enseignements contraires aux valeurs de la République", ou que l'on puisse "embrigader des enfants sous le prétexte de telle ou telle religion", elle a "souhaité mieux développer l'ouverture des écoles hors contrat".

Il suffit en effet d'être titulaire du baccalauréat et de la nationalité française pour ouvrir aujourd'hui un établissement scolaire privé. Ce qui rend la chose plus aisée que d'ouvrir "un bar ou un tabac", note la ministre.

Ce simple régime de déclaration devait être remplacé par un régime d'autorisation administrative, mais le conseil constitutionnel, saisi par le groupe LR, a jugé la précision du nouveau régime "insuffisante".

Avec un brin de mauvaise foi, la ministre attribue donc l'échec de sa réforme à l'opposition, dont elle dénonce le "double discours" et l'"hypocrisie légendaire".

Piqués au vif, les députés de droite ont préféré quitter l'hémicycle plutôt que d'écouter la question suivante sur la rémunération des enseignants et, surtout, la nouvelle réponse de Najat Vallaud-Belkacem.