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Vaccination obligatoire : vif échange entre une députée LREM et le rapporteur du budget de la Sécurité sociale

La mise en place, par le gouvernement, d'une couverture vaccinale obligatoire pour 11 vaccins à destination des enfants de moins de 18 mois ne fait pas l'unanimité au sein du groupe la République en marche. En témoigne cet échange entre, d'une part, deux députés LREM réclament du temps pour "un débat public" et, d'autre part, le rapporteur du projet de loi refuse qui évoque l'urgence d'agir.


Faut-il faire primer le principe de précaution sur l'obligation vaccinale ? Lors de l'examen en commission des Affaires sociales du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2018 (PLFSS), deux députés la République en marche, Blandine Brocard et Stéphane Trompille, ont souhaité, par plusieurs amendements, supprimer la mise en place de l'obligation vaccinale pour 11 vaccins ou différer celui-ci d'une année pour avoir un "un délai de réflexion et de recherche" et ainsi éviter "un surcroît de méfiance des citoyens à l'égard des vaccins comme des laboratoires et des professionnels de santé".

"Je considère que le calendrier ne permet pas de poser un débat serein et en faveur de la vaccination [cela] nous contraint à limiter les débats au strict minimum, regrette la députée LREM Blandine Brocard. Or on constate une véritable défiance de la part des Français concernant la vaccination. Je trouve ça très regrettable. Si on veut encourager la vaccination ce n'est pas en passant par la contrainte..."

"Nous sommes le seul pays d'Europe occidentale dans lequel nous avons 2 500 morts par an des conséquences directes de l'hépatite B !"Olivier Véran, rapporteur du budget 2018 de la Sécurité sociale

Face à la députée, le député Olivier Véran, médecin hospitalier et rapporteur du PLFSS, s'agace des reproches de sa collègue Blandine Brocard. "Nous sommes le seul pays d'Europe occidentale dans lequel nous avons 2 500 morts par an des conséquences directes de l'hépatite B ! Alors donnons-nous plus de temps et comptons les personnes qui tombent... Moi je crois qu'on n'a pas plus de temps pour réfléchir."

Très remonté, Olivier Véran interpelle directement la députée LREM qui a jugé le débat réduit "au strict minimum". "Ce n'est pas une réflexion qui sort du chapeau. Je tiens à votre disposition, madame Brocard, l'ensemble des pièces qui nous ont été adressées depuis plusieurs semaines ! Il y a plus de 600 pages de documents étayés ! Ce débat il a eu lieu. Nier l'existence du débat me gêne profondément !"

Une étude qui sème le doute

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale de l'exécutif prévoit, à son article 34, une "obligation vaccinale", à partir du 1er janvier 2018, pour 11 vaccins à destination de l'ensemble des enfants âgés entre 0 et 18 mois. Si le gouvernement ne souhaite pas pénaliser les parents qui refuseraient la vaccination, il exige cependant "pour l'admission en collectivité" que les enfants aient été vaccinés. Sans vaccination, les enfants ne pourraient donc pas être admis à l'école.

Cependant, une étude révélée le 21 septembre, Le Parisien a mis en évidence le développement d'une "myofasciite à macrophages (une lésion provoquant fatigue, douleurs musculaires, voire troubles neurologiques)" après la vaccination, du fait de l'aluminium présent dans les doses vaccinales. Des complications qui seraient liées à des prédispositions génétiques chez certains patients, envisage l'étude.

D'où une certaine méfiance, chez des parents et des parlementaires, sur la nécessité d'ajouter 8 vaccins supplémentaires à la liste des vaccinations obligatoires. Une volonté de l'exécutif qui avait déjà suscité il y a deux semaines une levée de boucliers chez certains députés, dont des députés la République en marche.


Une contestation ridicule, pour la ministre de la Santé, Agnès Buzyn :

Actuellement, il existe 3 vaccins obligatoires chez les nourrissons (diphtérie, tétanos et poliomyélite) qui contiennent déjà des sels d'aluminium.