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Monsanto : un président d'association met en cause sa prise en charge par deux centres antipoison

Paul François, président de l'association Phyto-victimes, est en procès depuis 10 ans contre Monsanto. Lors de son audition par les députés, il a mis en cause deux centres antipoison qu'il accuse de ne pas l'avoir soigné convenablement.

Paul François cherche à faire condamner Monsanto depuis 2007 (1) : cet agriculteur affirme avoir été intoxiqué en 2004 en manipulant du Lasso, un herbicide fabriqué par la firme américaine. De son expérience, il a tiré un livre, Un paysan contre Monsanto (2).

Président de l'association Phyto-victimes, Paul François était auditionné jeudi par la mission d'information parlementaire sur les produits phytopharmaceutiques. Il en a profité pour évoquer son expérience personnelle et mettre en cause deux centres antipoison français.

"Conflits d'intérêt"

Paul François assure que lorsqu'il était hospitalisé, "deux centres antipoison" n'ont "pas fait leur travail" :

Le jour de l'intoxication, il aurait fallu faire des prélèvements d'urine et de sang, cela n'a pas été fait parce que le centre antipoison de Bordeaux a estimé que ce n'était pas la peine.Paul François

Le président d'association, qui évoque un deuxième centre antipoison qui l'aurait accusé de "se shooter au désherbant", mentionne de possibles "conflits d'intérêt" :

Ce qui est plus grave c'est de refuser de soigner quelqu'un pour défendre une firme.Paul François

La mutualité sociale agricole également mise en cause

Paul François accuse également la mutualité sociale agricole (MSA), qui selon lui "ne joue pas son rôle de réparation auprès des agriculteurs", notamment vis-à-vis de la reconnaissance de la maladie de Parkinson et des lymphomes non hodgkiniens comme maladie professionnelle :

Nous avons aujourd’hui des dossiers de victimes qui disent que la MSA leur a répondu qu’ils ne rentraient pas dans les tableaux. Or, quand nous on prend le dossier on s’aperçoit que si.Paul François

Evoquant un possible "scandale", le président se demande s'il s'agit d'une "volonté délibérée", d'une "méconnaissance" ou si cela découle d'impératifs "financiers".

Sollicitée par LCP, la MSA affirme que "ses collaborateurs accomplissent leurs missions de service public avec professionnalisme, dans le respect de la réglementation fixée par les pouvoirs publics et sans jamais ignorer la dimension humaine des dossiers gérés".

Contacté par LCP, le centre antipoison de Bordeaux n'a pas réagi.


(1) Paul François a fait condamner Monsanto en première instance (2012) et devant la Cour d'appel (2015), avant que la Cour de cassation ne décide d'annuler la décision d'appel. L'affaire sera jugée à nouveau en appel.

(2) Un paysan contre Monsanto (Fayard, 288 pages, 19€, octobre 2017).

>> Retrouvez notre dossier spécial sur la mission d'information