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Sortie du glyphosate : le gouvernement liste les obstacles à surmonter

Va-t-on pouvoir se passer des 8800 tonnes de glyphosate consommées chaque année en France ? C'est en tout cas l'objectif promis par l'exécutif. Les ministres François de Rugy et Didier Guillaume ont réaffirmé leur détermination devant les députés jeudi... en pointant toutefois plusieurs difficultés.

Les nouveaux ministres de l'Écologie et de l'Agriculture ont tiré les leçons de l'ancien tandem Travert-Hulot. "Il n'y aura pas d'opposition entre Didier Guillaume et moi, entre l'agriculture et l'écologie", assure François de Rugy aux députés jeudi. Auditionnés par la mission d'information sur la sortie du glyphosate, les deux ministres ont détaillé main dans la main leur plan pour en finir d'ici à 2021 avec cette molécule dans nos sols - et nos assiettes.

Cette transition représente un vrai défi pour l'agriculture française. En effet, comme le rappelle François de Rugy, le produit du géant Monsanto représente environ un tiers de la consommation totale d'herbicide en France en 2017 :

Dans le monde, 800 000 tonnes de glyphosate sont utilisées et 8 800 tonnes sont vendues en France.François de Rugy, le 8 novembre 2018

Même si sa consommation recule depuis quelques années, il reste "le premier herbicide", principalement utilisé dans "la viticulture, l'arboriculture et certaines cultures céréalières".

Le ministre a dévoilé que le préfet du Loiret Pierre-Étienne Bisch sera nommé délégué interministériel en charge de coordonner la stratégie de sortie.

Le ministre de l'Agriculture en a résumé les grandes lignes dans un tweet :

Les alternatives pénalisées par les règles européennes

Toutefois, de nombreux obstacles se dressent déjà sur cette feuille de route. Par exemple, François de Rugy a dénoncé la lourdeur des procédures d'homologation des produits de substitution. Ces règles, édictées au niveau européen, sont selon lui taillées sur mesure pour les géants de l'agro-chimie.

Il faut qu'on change nos procédures. Comment dire 'on sort dans trois ans' si simplement l’application de la procédure c'est 6 à 8 ans ?François de Rugy, 8 novembre 2018

Le ministre plaide pour des expérimentations rapides, qui demanderaient une certaine tolérance voire un assouplissement du cadre réglementaire européen.

Vers une alimentation plus chère ?

Si le glyphosate rencontre autant de succès dans le monde de l'agriculture conventionnelle, c'est aussi pour son prix bon marché. En sortir demandera donc des investissements qui auront, in fine, des répercussions sur les prix à la consommation. :

Il faut avoir un langage de vérité avec les producteurs mais aussi les consommateurs. Il faut assumer politiquement (...) que les prix augmentent.François de Rugy, 8 novembre 2018

La SNCF, premier consommateur

Outre l’agriculture, le transport ferroviaire est également très dépendant de l'utilisation du glyphosate. La SNCF serait même le premier utilisateur en France. À raison de 30 tonnes par an, la compagnie l'utilise pour désherber ses voies ferrées. "Le président Guillaume Pépy m'a dit 'ça va être difficile pour nous de trouver des alternatives", relaie François de Rugy.