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Restauration de Notre-Dame : les dons excédentaires reversés à d'autres sites en péril ?

Les députés spécialistes des finances publiques ont entamé lundi l'examen du projet de loi pour restaurer Notre-Dame de Paris. Devant les sommes records déjà récoltées, certains s'interrogent sur la possibilité de rediriger une partie des dons vers d'autres lieux patrimoniaux en danger.

Particuliers, petites entreprises, grands groupes du CAC40, richissimes familles françaises et même le roi du Maroc... face à la destruction partielle de Notre-Dame de Paris, tout le monde ou presque a mis la main au porte-monnaie.

D'après Marie-Ange Magne, rapporteure du projet de loi Notre-Dame au nom de la commission des finances, les sommes engrangées par les organismes habilités (fondation du patrimoine, fondation Notre-Dame de Paris, fondation de France et Centre des monuments nationaux) dépassent les 400 millions d'euros.

Si l'on ajoute les dons qui seront versés directement au Trésor public, le montant total pourrait même être deux fois plus élevés, flirtant avec la barre du milliard d'euros. Un montant à comparer avec les 22 millions d'euros récoltés par le Loto du patrimoine l'année dernière, censé aider des dizaines et des dizaines de sites en péril dans tout le pays.

Riche débat en perspective

À tel point que certains députés s'interrogent sur la possibilité d'affecter les éventuels excédents à d'autres lieux patrimoniaux en lieu et place de la cathédrale parisienne.

Aurore Bergé (LaREM), avec l'appui du rapporteur général du budget Joël Giraud, a fait lundi soir cette proposition à ses collègues par voie d'amendement. Il prévoit que si les fonds "dépassaient les besoins requis pour la restauration de Notre-Dame de Paris", "ils seraient affectés intégralement à la restauration du patrimoine en danger ou à la conservation de Notre-Dame au travers du programme 175 (patrimoine) du budget de l’État".

La rapporteure a toutefois émis un avis défavorable : "Cela me semblerait problématique, compte-tenu que la souscription nationale ne vise que la cathédrale et que, moralement, il faut respecter les intentions des donateurs", argue Marie-Ange Magne. Le texte du projet de loi précise bien que "la souscription nationale" doit "permettre à chacun, selon ses moyens, de participer au financement des travaux de restauration de l’édifice".

Toutefois, quand on connaît le déséquilibre flagrant entre les moyens alloués à l'entretien et à la valorisation du patrimoine entre Paris et le reste du territoire, la question sera à coup sur débattue lors de l'examen du texte dans l'hémicycle, vendredi 10 mai. "En vue du débat que l'on aura, j'espère, en séance publique, je retire mon amendement", a d'ailleurs temporisé Aurore Bergé.